
Les annonces de candidatures aux élections municipales se poursuivent, à un peu plus de deux semaines du premier tour. Ce vendredi 27 février, l’Union nationale pour l’indépendance a dévoilé sa liste pour Nouméa, portant à sept le nombre de prétendants à la mairie de la capitale. Sous le slogan "UNI pour la diversité", elle compte des membres issus du Palika, de l’Union progressiste en Mélanésie (UPM) et de l’Union pour l’indépendance dans la diversité (Unid).
À sa tête : Pierre Wong Kong Tao, actuel premier vice-président de l’UPM. Il portera, aux côtés de ses colistiers, un programme axé autour de trois piliers : "réparer, protéger et rassembler." "A Nouméa, les différences existent, elles sont culturelles, sociales et politiques, et nous pensons qu’elles doivent devenir une richesse collective et pas une ligne de fracture", a défendu Valérie Poigoune, agent de la fonction publique engagée dans le monde associatif et sportif et deuxième de la liste. Il s’agira également de réparer "cette fracture entre les quartiers Nord et Sud", promet Pierre Wong Kong Tao.
Pour y parvenir, la tête de liste, par ailleurs réceptionnaire logistique dans le privé, mise avec son équipe sur la reconstruction du "lien social" à Nouméa, "abîmé par les évènements que nous avons connus et par des politiques publiques pas toujours adaptées". "On en fera la première politique publique" de la ville, affirme Pierre Wong Kong Tao, à travers la valorisation "de toutes les identités dans un cadre commun", le renforcement d’une "mémoire partagée sans effacement ni instrumentalisation" et le développement d’une participation citoyenne dans la prise de décisions. "C’est par cela qu’on retrouvera la confiance des citoyens et l’unité", estime le candidat.
"Il y a une attente et une vraie volonté dans les quartiers populaires comme ailleurs de participer à l’action publique, abonde Emmanuel Beounde, ancien enseignant-documentaliste et animateur socio-éducatif. Il faut qu’on profite des outils que nous avons à notre disposition" et qui s’avère bien souvent sous-utilisé. Le rapprochement des populations passera également par le renforcement "des actions culturelles".
La jeunesse occupera également une place centrale dans le programme de la liste "UNI dans la diversité". "Nous avons besoin d’activer certains leviers pour accompagner notre jeunesse", constate Rudy Fichter, représentant de l’Unid à Nouméa. L’entrepreneuriat et la mobilité ont été identifiés comme deux sujets prioritaires, bien que "la question des jeunes doit être traitée à tous les niveaux des politiques publiques", soutient Véronique Poigoune.
Côté sécurité, thème récurrent à Nouméa, la liste dresse le constat d’une ville "où les femmes, les jeunes et les personnes fragiles ont peur, passer une certaine heure, de se déplacer" et compte y remédier en privilégiant "la prévention", indique la deuxième de liste. "Ces deux dernières années, on s’est beaucoup concentré sur les sanctions, mais ça ne suffit pas à ramener le calme, il y a aussi besoin de communication, il faut s’appuyer sur l’humain." L’autre condition à cette quête de "paix et de tranquillité", selon la liste UNI : "l’accès de tous à un logement digne."
Quant à l’activité économique de la capitale, toujours marquée par la crise, Pierre Wong Kong Tao considère que la relance passera avant tout par la stabilité politique, que son parti incarne à ses yeux. "Pour que les investisseurs fassent leur retour, il faut déjà qu’on ait la maturité pour cesser nos chamailleries", tacle la tête de liste, s’en prenant notamment aux deux autres listes indépendantistes candidates à Nouméa (FLNKS et MNIS), coincées selon lui "dans un programme de postures". "On est sur une fracture [avec les autres partis indépendantistes], mais on assume nos positions", abonde Emmanuel Beounde. Pour Pierre Wong Kong Tao, "c’est le programme qui fera la différence".