
Ils avaient convenu d’une trajectoire "responsable et solidaire" lors du débat d’orientation budgétaire, fin janvier [1]. Les élus de la province Nord ont confirmé cette volonté, vendredi 27 février, en adoptant à l’unanimité un budget primitif 2026 certes prudent, mais qui "privilégie les aides sociales", a fait remarquer au micro de notre partenaire Caledonia la première vice-présidente de la province Nord, Nadège Faivre, chargée d’animer la séance en l’absence du chef de l’exécutif, Paul Néaoutyine.
La collectivité disposera en 2026 d’un budget de 43,5 milliards de francs, réparti entre une section de fonctionnement de 31,8 milliards et une section d’investissement de 11,7 milliards. C’est environ 1,5 milliard de plus qu’en 2025, soit une hausse globale de 3,7 %. La province, comme les autres collectivités, doit cette tendance aux nouvelles subventions de l’État, et notamment les 25 milliards de francs apportés pour porter l’assiette de répartition de la dotation globale de fonctionnement, répartie entre les communes et les provinces, à 101 milliards de francs pour 2026. Sur cette somme, la province Nord se voit octroyer 19 milliards de francs, en hausse de 377 millions par rapport à 2025.
Côté dépenses de fonctionnement, le projet de budget prévoit une baisse d’environ 405 millions de francs (- 1,94 %), pour les limiter à 20,4 milliards de francs en 2026. Plus important poste, la masse salariale atteindra 9,9 milliards de francs. Les aides sociales, que l’exécutif a souhaité sanctuariser malgré les difficultés financières, seront portées à 5,7 milliards de francs, en augmentation de 129 millions de francs. Enfin, les subventions et participations de la collectivité seront maintenues à 1,5 milliard de francs, un niveau similaire au précédent exercice.
Les économies seront réalisées davantage du côté des investissements. En effet, la collectivité a décidé de diminuer son enveloppe budgétaire allouée à son programme pluriannuel d’investissement de 870 millions de francs. Il sera ainsi limité à 4,2 milliards de francs en 2026, contre 5,1 milliards en 2025.
Parmi les grands postes d’investissement, les travaux routiers représenteront 1,3 milliard de francs (aménagement liaison Hienghène-Kaala-Gomen, corniche de la Ouaième, aménagement routes du barrage de Pouembout…) et 708 millions seront consacrés aux subventions d’équipement (habitat provincial, gestion des déchets, rénovation des structures hôtelières…). Une enveloppe de 978 millions de francs est attendue au titre des contrats de développement avec l’État, et viendra abonder le budget d’investissement de la province.