Les Nouvelles Calédoniennes
Published on Les Nouvelles Calédoniennes (https://www.lnc.nc)

Accueil > Nouvelle Calédonie > Partenariat > Partenariats > La Calédonie agricole > [MAGAZINE] Foncier, installation et transmission : comment développer l'agriculture > [MAGAZINE] Foncier, installation et transmission : comment développer l'agriculture

[MAGAZINE] Foncier, installation et transmission : comment développer l'agriculture
Valérie Kempf / La Calédonie agricole | Crée le 01.03.2026 à 08h00 | Mis à jour le 01.03.2026 à 08h00

b32f8bef24996972f5b2f8v_00136682.jpg

Déclin du foncier agricole, vieillissement des exploitants, baisse de la production locale, problématique de la transmission, manque de rentabilité… L’avenir de l’agriculture calédonienne est en danger. Photo Canc / Nicolas Petit
En 2025, la Chambre d'agriculture et de la pêche, en collaboration avec le cabinet d'études Tero, a organisé des ateliers de travail autour du foncier agricole réunissant exploitants, partenaires et organisations professionnelles agricoles, afin de réaliser un état des lieux, cibler les priorités à traiter et proposer des solutions efficaces et pratiques. Un dossier de notre partenaire La Calédonie agricole, magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche, paru dans le n°206 de février et mars. 

L’étude réalisée, entre autres, à partir des données du Registre de l’agriculture et de la pêche par le bureau d’études coopératif Tero met en exergue plusieurs leviers particulièrement préoccupants pour le développement du secteur agricole.

Le foncier agricole en recul

Pilier de l’agriculture, le foncier agricole est en recul constant depuis plus de 40 ans, notamment pour ce qui concerne l’élevage bovin. La surface agricole utilisée (SAU) est passée de 233 213 ha en 2002 à 151 220 ha en 2024, soit une baisse de 35 %. De plus, près d’un tiers des surfaces déclarées ne sont pas exploitées. Les projections estiment que la SAU atteindra à peine 77 000 ha dans 20 ans.

L’ambition " Mangeons local !", que portent notre chambre consulaire et nombre de ses partenaires, nécessite la préservation du foncier agricole, dont le déclin est inéluctable si nous ne venons pas l’enrayer. Parallèlement, nous devons nous préoccuper sans tarder du renouvellement générationnel de nos ressortissants, tout en accompagnant la transmission des exploitations actuelles. Avec CAP sur l’installation, nous espérons pouvoir relever ce défi.

Jean-Christophe Niautou, président de la CAP-NC

C’est pourquoi la mise en place d’une politique pour l’aménagement du foncier, sa sécurisation et sa préservation, portée par l’Adraf (Agence de développement rural et d’aménagement foncier), pour soutenir l’activité agricole professionnelle est indispensable. En complément, des terrains appartenant au domaine public pourraient être transformés en foncier agricole. De même, l’aménagement hydraulique doit répondre aux objectifs de la stratégie agricole et alimentaire du pays.

Des exploitants de plus en plus âgés

L’âge moyen des agriculteurs est de 54 ans, alors qu’il était de 49 ans en 2002. Il est d’ailleurs à noter que plus de 850 exploitations sont gérées par une seule personne ayant dépassé l’âge de la retraite. Celles-ci représentent plus de 60 000 ha de terres exploitées et emploient des centaines de salariés. Il est impératif de les accompagner pour faciliter la transmission et ainsi éviter la disparition de ces outils de production. Parallèlement, les faibles montants de retraite des agriculteurs, combinés à la valorisation spéculative du foncier lors de ventes à des fins non agricoles, contribuent fortement à l’envolée des prix des terrains agricoles et aux difficultés d’installation.


Illustration CAP-NC / LCA

Soutenir l’installation

L’installation en agriculture intervient le plus souvent après une carrière préalable dans un autre secteur : l’âge moyen de l’inscription au registre est de 42 ans. Favoriser l’attractivité des métiers de l’agriculture auprès des jeunes Calédoniens en facilitant l’accès à la terre pour des projets économiquement viables et les accompagner lors de leur installation est un enjeu essentiel. Il est également important de sécuriser le foncier pour encourager de nouvelles générations d’agriculteurs à prendre le relais. Les ateliers collectifs ont permis de définir une feuille de route pour la chambre et ses partenaires, avec la mise en place d’actions adaptées en faveur du secteur agricole et de son développement.

Plusieurs recommandations

À l’issue des ateliers menés en 2025, le cabinet d’études Tero a livré un ensemble de recommandations à court, moyen et long terme. Elles visent à préserver et renforcer le foncier agricole productif durable et à favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs professionnels. Par ailleurs, des mesures pour assurer des revenus agricoles décents et renforcer l’attractivité des métiers devront être mises en place.

La transmission, un enjeu majeur

Le vieillissement des agriculteurs conduit forcément à s’interroger sur la transmission des exploitations, la préservation des terres déjà mises en valeur et le maintien de l’activité de production. Pour ce faire, la CAP-NC souligne les besoins en accompagnement de ces exploitants, qui ont souvent dépassé l’âge de la retraite : appui juridique et fiscal, partage familial, utilisation du bail rural, évaluation des frais de succession et estimation des valeurs patrimoniales et économiques de la propriété. La CAP-NC va donc prochainement créer un service de conseil pour faciliter la transmission et la mise en contact avec les éventuels repreneurs, en partenariat avec le gouvernement, les provinces et l’Adraf. Elle souhaite également lancer une étude relative aux modalités d’un complément retraite pour les agriculteurs. Le défi à relever pour renouveler les générations est primordial pour pérenniser l’agriculture locale.

Le dispositif Cap sur l’installation

Dans le cadre de CAP sur l’installation, la CAP-NC et ses partenaires proposent aux porteurs de projet (agriculture ou pêche) de suivre un parcours de l’installation pour coconstruire un projet durable et viable économiquement. À terme, il s’agira également de mettre en place un observatoire des nouveaux installés pour un meilleur suivi. Ce dispositif permet de bénéficier de conseils techniques, d’un soutien pour les démarches administratives et réglementaires, d’évaluer les besoins de financement, d’optimiser les investissements, diminuer les risques, accéder aux aides et améliorer ses compétences. Le parcours comporte sept étapes. Les prestations proposées peuvent être gratuites ou payantes selon les cas de figure. De la planification à la commercialisation, en passant par la gestion et le suivi technique : gérer une activité agricole ou de pêche nécessite de la rigueur, de l’anticipation, une bonne connaissance de l’environnement et des notions de gestion. CAP sur l’installation est basé sur sept étapes : avoir une idée et la convertir en projet d’installation ; passer de l’idée au projet ; réaliser une étude de marché ; construire le prévisionnel financier ; effectuer les démarches administratives ; lancer son activité, puis la gérer.

Focus : le foncier agricole

Surfaces cultivées, pâturages, vergers et terres pour l’élevage composent le foncier agricole qui constitue à la fois un moyen de production, un outil de travail et un patrimoine pour les agriculteurs. De fait, sa protection, sa gestion, la régulation de son marché et celle de la relation entre bailleurs et preneurs sont légiférées et réglementées. En Nouvelle-Calédonie, le foncier agricole peut être régi par le droit privé ou le droit coutumier. Selon l’Agence rurale, le régime foncier de droit privé concerne plus de 70 % des surfaces agricoles, mais des disparités provinciales existent : 100 % des surfaces agricoles sont sur terres coutumières dans les îles et près de 27 % en province Nord. Il est à noter qu’une part importante du foncier coutumier utilisé à des fins agricoles n’est pas enregistrée, ni recensée. L’Adraf, de par ses missions (voir encadré p 14), pourrait jouer à l’avenir un rôle plus important dans la gestion du foncier agricole.

  • 65 % des surfaces exploitées sont consacrées à l’élevage bovin extensif,
  • 26 % aux autres types d’élevage et 9 % à la production végétale.
  • 85 % des surfaces en propriété privée sont exploitées.
  • 59 % du foncier coutumier déclaré au registre n’est pas utilisé.

L'Adraf, un acteur de premier plan

L’Agence de développement rural et d’aménagement foncier est l’opérateur de la réforme foncière en Calédonie. Cette mission comprend à la fois la redistribution et la sécurisation foncière pour la valorisation des terres coutumières. Dans le cadre des politiques provinciales en matière de développement agricole, l’Adraf intervient notamment sur la recherche de terrains en facilitant la mise à disposition de parcelles agricoles soit par le biais de périmètres locatifs sur des propriétés en stock, soit sur des terres coutumières attribuées à des GDPL (groupements de droit particulier local).

L’Agence est ainsi légitime pour assurer la gestion du foncier agricole, aussi bien pour les terres privées et le domaine public (faible part de valorisation agricole) que pour les terres coutumières (sous-valorisation du potentiel agricole). En collaboration avec les professionnels du secteur, il s’agirait donc pour l’Adraf de : cartographier le foncier à vocation économique agricole grâce à un observatoire qui permettra de le caractériser et d’évaluer son potentiel ; protéger le foncier agricole par l’arbitrage des mouvements, la régulation et la lutte contre la spéculation, et la simplification des démarches administratives ; développer la gestion locative aussi bien sur terres domaniales que sur terres coutumières. Les enjeux pour le secteur sont multiples : sécurisation du foncier agricole, renouvellement des générations, augmentation de la production agricole pour assurer la sécurité alimentaire, meilleure répartition géographique, viabilité économique des exploitations…

Note

La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie [1].

MERCI DE VOUS IDENTIFIER
X

Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

J'AI DÉJA UN COMPTE
Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
Mot de passe oublié ? [2]
JE N'AI PAS DE COMPTE
  • Vous n'avez pas encore de compte ?
  • Créer un nouveau compte [3]

Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement [4].

Source URL:https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/partenariat/partenariats/la-caledonie-agricole/magazine-foncier-installation-et-transmission-comment-developper-l-agriculture asdasdasdad

Links
[1] https://www.cap-nc.nc/fr/ [2] https://www.lnc.nc/user/password [3] https://www.lnc.nc/user/register [4] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements