
La tension continue de monter autour du projet de déménagement de la compagnie Air Calédonie de Magenta vers La Tontouta. Après un an de préparation, les premiers avions en direction des îles doivent décoller ce lundi 2 mars de l’aéroport international. Mais la journée risque d’être perturbée. Les comités de mobilisations, créés par les coutumiers des Loyauté et de l’île des Pins opposés à ce transfert [1], ont annoncé qu’ils bloqueraient leurs aérodromes respectifs en signe de protestation. Aucune date de fin du mouvement n’a été communiquée.
Dans ce contexte, l’Union calédonienne demande au gouvernement de suspendre le projet de déménagement. Dans un communiqué daté du dimanche 1er mars, le parti indépendantiste, réuni en comité directeur samedi 28 février, estime qu’il faut "procéder rapidement à un état des lieux de la situation sans précipitation afin d’éviter que tout le monde perde la raison et que la situation s’envenime".
L’UC s’en prend ouvertement au président du gouvernement, Alcide Ponga, très investi sur le dossier, qui "fonce tête baissée dans cette démarche périlleuse alors que les conditions ne sont pas réunies". "Les populations des îles et plus généralement toute la population du pays ne sont pas préparées à un tel chamboulement et doivent supporter des décisions politiques et techniques avec fatalité alors que l’existence même de la compagnie est censée être à leurs services", reproche l’Union calédonienne.
Ce déménagement, qui doit permettre à la compagnie de réaliser 500 millions de francs d’économies par an et éviter sa disparition, "ne présage rien de positif". "En répercutant les coûts de ce déménagement sur les tarifs aux usagers comme les prix des billets et le fret, il est à prévoir une baisse de la fréquentation et une demande encore plus forte des populations des îles d’augmenter le dispositif continuité pays", écrit le parti, dans son communiqué signé par Dominique Fochi, secrétaire général.
Enfin, l’Union calédonienne affirme soutenir "les populations des îles loyautés et de l’île des Pins et interpelle toutes les instances concernées pour qu’une solution d’urgence soit trouvée avec les meilleures énergies afin que la desserte aérienne redevienne un réel service aux populations".