
Le Hezbollah avait promis de "faire face à l'agression" américano-israélienne contre l'Iran, après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. Le mouvement armé pro-iranien basé au Liban a affirmé lundi 2 mars avoir tiré des missiles et des drones vers Israël, pour la première fois dans ce conflit.
L'armée israélienne a répliqué, annonçant frapper des cibles du Hezbollah "à travers le Liban" et ordonnant aux habitants d'une cinquantaine de villages d'évacuer. Des journalistes de l'AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth, et vu de nombreux habitants fuir vers le sud du pays. Selon un premier bilan officiel, ces frappes israéliennes ont fait 31 morts et 149 blessés. Le chef de l'armée israélienne affirme que les frappes au Liban pourraient durer de "nombreux jours".
L'armée israélienne a indiqué lundi continuer à mener des "frappes à grande échelle" à Téhéran, "contre des cibles du régime terroriste iranien". Au moins 27 morts seraient à déplorer dans le nord-ouest en deux jours de frappes israélo-américaines, et des frappes sur l'ouest de l'Iran auraient fait au moins trois morts à Sanandaj. La province centrale de Yazd aurait également été touchée par des frappes israélo-américaines.
L'agence de presse iranienne Tasnim a fait état d'explosions dans la capitale et les Affaires étrangères chinoises ont fait état d'une personne de nationalité chinoise tuée à Téhéran.
Plusieurs explosions ont été entendues lundi à l'aube à Jérusalem, où les sirènes ont retenti après l'annonce par l'armée de tirs de missiles iraniens en direction d'Israël. Dimanche, un missile iranien a frappé un abri à Bet Shemesh, ville du centre d'Israël, faisant neuf morts, 11 disparus et 46 blessés.
Téhéran "ne négociera pas avec les États-Unis", a affirmé le puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani. Il a accusé Donald Trump d'avoir précipité le Moyen-Orient dans le "chaos" avec ses "rêves illusoires".
Une personne a été tuée à Bahreïn dans une attaque iranienne, a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur. Des journalistes de l'AFP à Doha, Abou Dhabi et Dubaï ont entendu de fortes explosions lundi matin. Une épaisse fumée noire s'élève lundi de l'ambassade des États-Unis au Koweït, qui conseille de ne pas s'y rendre. L'armée du Koweït a dit avoir intercepté plusieurs drones au-dessus de son territoire.
Des explosions ont été entendues lundi près de l'aéroport irakien d'Erbil, qui héberge des troupes américaine. Des systèmes de défense anti-aérienne proches de l'aéroport ont abattu des drones.
La Turquie annonce la suspension des passages de frontière à la journée avec l'Iran.
Les États-Unis ont annoncé dimanche avoir perdu trois militaires, leurs premières pertes dans le conflit. Ce ne seront pas les dernières, a prévenu Donald Trump, qui a promis de "venger" leur mort. Comme la veille, il a lancé un appel au peuple iranien : "Reprenez le pouvoir, l'Amérique est avec vous". Il a aussi pressé une nouvelle fois les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, de "déposer les armes" ou mourir. "Quatre à cinq semaines" : c'est l'estimation qu'il a donnée de la durée des opérations américaines, au New York Times. Il a ajouté qu'il avait "trois très bons choix" de candidats pour diriger l'Iran à l'avenir, sans dévoiler de nom.
Les prix du pétrole ont flambé lundi à l'ouverture, dépassant brièvement 80 dollars le baril. La navigation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole, est paralysée. L'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région.
Le quartier général des Gardiens de la Révolution a été détruit, selon le Pentagone. Les autorités iraniennes n'ont pas commenté. Les médias iraniens ont toutefois confirmé la mort de plusieurs hauts responsables du pays, notamment le chef des Gardiens de la Révolution, le chef de l'état-major des forces armées et le ministre de la Défense. Les frappes américano-israéliennes ont tué 48 "leaders" iraniens, selon Donald Trump, qui n'a donné aucun détail.
Après les cris de joie ayant résonné à Téhéran samedi après la mort de l'ayatollah Khamenei, des milliers de personnes ont rendu hommage au guide suprême dimanche à Téhéran aux cris d'"À mort l'Amérique !", "À mort Israël !". Au Pakistan voisin, au moins 17 personnes sont mortes dimanche dans des manifestations pro-iraniennes. Bagdad a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et police près de l'ambassade des États-Unis.