
"Solidarité." Qu’il s’agisse d’économie, de politique sociale, de logement ou d’éducation, le mot est répété inlassablement par Danielle Qenegei et ses colistiers. "Dans une commune, on doit la faire vivre au quotidien", estime la candidate de l’Union nationale pour l’indépendance aux élections municipales de Dumbéa, à la tête d’une liste logiquement intitulée "UNI Solidarité Dumbéa".
Lundi 2 mars, elle et quelques-uns de ses soutiens ont réuni la presse au siège du parti pour présenter leur candidature et le programme qu’ils défendront ces quinze prochains jours. À Dumbéa, deuxième commune de Nouvelle-Calédonie en nombre d’habitants avec 35 000 âmes, la "cohésion sociale représente le principal défi".
Composée d’une population multi-ethnique et particulièrement jeune (32 % des Dumbéens ont moins de 20 ans), sa "diversité culturelle" et le "respect de toutes les identités" sont en effet des enjeux que l’UNI veut faire siens. "On doit veiller à renforcer le sentiment d’appartenance à Dumbéa, et ça passe par le développement des espaces publics et des évènements culturels comme leviers pour cultiver le vivre-ensemble", affirme Danielle Qenegei.
La question du logement social, qui représente 29 % du parc dumbéen, et celle de la "pression foncière" exercée dans la commune sont également des thèmes chers à la tête de liste. "Il est crucial de maîtriser l’urbanisation et de préserver les espaces naturels", pense la candidate, qui préconise une "planification urbaine rigoureuse, respectueuse des identités locales et de l’environnement". La liste compte notamment se pencher sur la réhabilitation des squats, particulièrement nombreux à Dumbéa. "Il y a 30 000 personnes qui passent tous les jours devant les squats [le long de la Savexpress NDLR] et on fait comme s’ils n’existaient pas, déplore la candidate. C’est une population qui est comptabilisée dans les moyens alloués à la commune, et pourtant totalement oubliée." La liste "UNI Solidarité Dumbéa" soutient un programme "qui fixe des actions solidaires" pour venir en aide aux populations défavorisées.
Elles pourraient être notamment développées dans les maisons de quartier, des lieux de proximité qui ne remplissent plus leur rôle, estiment ses membres. "Je prends l’exemple de Katiramona : il n’y a plus que des vide-greniers qui y sont organisés", regrette Benza Haluatr, cinquième de liste. L’UNI propose, avec l’aide des associations de la commune, d’y relancer un programme d’activités. Il s’agira notamment de proposer du "soutien scolaire" en s’inspirant du système mis en place à Lifou où "les grands frères aident les plus jeunes à faire leurs devoirs du soir".
Quant à la sécurité, sujet de préoccupation majeur à Dumbéa, la liste mise sur "une responsabilisation citoyenne". "On ne peut pas mettre un policier municipal dans chaque quartier, donc c’est aussi à la société civile de se mobiliser et ne pas systématiquement faire appel à la ville", estime Danielle Qenegei. Un pragmatisme assumé, à l’heure où les collectivités disposent de moyens toujours plus limités. "Il faut que tout le monde soit solidaire, pas seulement la municipalité", abonde la tête de liste, qui estime que ce principe, qui "fait partie de notre culture", doit être développé, car "on ne peut plus compter uniquement sur la collectivité".