
Rendez-vous était donné sur le parking situé au niveau de l’Ancre marine, à l'Orphelinat, à 17 heures, jeudi 5 mars. Droit au vélo invitait les huit listes qui se présentent aux municipales dans la capitale à signer une charte les engageant à développer l’usage du deux-roues dans la commune, puis à partager une balade.
L’objectif de cette mobilisation ? "Interpeller les candidats sur la place que le vélo doit prendre à Nouméa, lance Julien Tantot, un des vice-présidents de l’association. On souhaite qu’il soit davantage mis au cœur des enjeux de l’aménagement urbain." L’endroit choisi ne l’a pas été par hasard. "Il s’agit d’une piste cyclable qui a plus de vingt ans et qui fonctionne très bien." Mais l’équipement s’arrête là. "Ensuite, pour se rendre au centre-ville, il n’y a plus de piste", regrette Julien Tantot, qui plaide pour plus de concertation. "Ce qui est fait ne correspond pas forcément à nos usages."

Une des priorités aujourd’hui, selon la structure ? "Pouvoir traverser la ville via une piste cyclable sécurisée du nord au sud et d’est en ouest, et repenser la rue Bénébig, qui doit être refaite, afin que chacun puisse accéder aux services de proximité à vélo", ajoute Julien Tantot.
Sur place, Philippe Dunoyer, qui porte "Nouméa, l’après" [1], et Yanis Ouamrouche, sixième de la liste "Pour Nouméa, une énergie nouvelle", de Virginie Ruffenach [2]. Tous deux déclarent que le vélo a une place dans leur programme. "Il faut prévoir des trajets sécurisés parce qu’il n’y en a pas assez, et faire en sorte qu’ils soient dédiés aux cyclistes, afin de ne pas mélanger les piétons et les vélos, parce que sinon ça ne marche pas", indique Philippe Dunoyer, signataire de la charte. Le candidat considère que la petite reine doit être conçue "comme un mode de déplacement alternatif dans la ville. C’est le saut qu’il faut qu’on fasse à la prochaine mandature."

Autre signataire, Yanis Ouamrouche, qui utilise lui-même le vélo pour le loisir, mais aussi pour se déplacer et se rendre à son travail. "On manque d’infrastructures. Les élèves ne peuvent pas aller en toute sécurité dans leur établissement scolaire, le tour des baies n’est pas fini, etc. Pas mal d’espaces pourraient être aménagés différemment pour laisser davantage de place aux vélos. Cela fait partie de notre programme", assure le sixième de liste, qui précise qu’une personne sera en charge de ce sujet, "si nous sommes élus".

Sur les 10 km de pistes cyclables inscrites au Schéma de développement des modes actifs, 3,7 km ont été effectués, avance Emma Corbin, coordinatrice de Droit au vélo. "Le taux de réalisation est bien inférieur à ce qu’il devrait être." Le manque d’infrastructures nuit à la pratique du deux-roues, estime l’association. "À Nouméa, 80 % des déplacements se font en voiture, alors que plus d’un trajet sur deux fait moins de 3 km. Seuls 1 % des déplacements s’effectuent à vélo, alors que 30 % des Calédoniens n’ont pas le permis de conduire", souligne la structure. En outre, le réseau de transport en commun est dégradé et coûte plus cher depuis les émeutes. Dans ce contexte, "le vélo constitue un levier rapide, peu coûteux et immédiatement mobilisable. Il coûte cent fois moins cher qu’une voiture, ne consomme pas de carburant, se gare facilement et favorise l’accès à l’emploi et aux services, surtout pour les familles modestes". L’association met également en avant ses atouts pour la santé et l’environnement.
La charte comprend cinq engagements : revoir à la hausse les ambitions du plan vélo de Nouméa ; développer le programme d’aménagement du plan vélo (ex : tour des baies, accès au centre-ville) ; sécuriser les trajets à vélo des enfants ; renforcer l’offre de stationnement, dont le manque freine les déplacements à vélo, et mettre en place une concertation avec les usagers.
Les jeunes constituent un axe majeur, insiste Emma Corbin. "C’est important que les enfants puissent diffuser la culture vélo et bénéficier des bienfaits qu’il peut apporter. Il faudrait sécuriser les abords des écoles et déployer le savoir rouler à vélo dans les établissements scolaires. C’est en passe de devenir obligatoire dans l’Hexagone. Ici, pour l’instant, il n’y a rien, mais on espère qu’il va y avoir une progression du nombre d’élèves formés dans les années à venir."
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/grand-noumea/noumea/municipales/municipales-a-noumea-philippe-dunoyer-plaide-pour-une-nouvelle-dynamique
[2] https://www.lnc.nc/article/grand-noumea/noumea/politique/municipales-virginie-ruffenach-devoile-sa-liste-pour-noumea
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