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[MAGAZINE] Angelo Devaud, l’homme qui compte les moutons
Propos recueillis par Vincent Nebois / La Calédonie agricole | Crée le 07.03.2026 à 15h00 | Mis à jour le 07.03.2026 à 15h00

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Angelo Devaud est éleveur ovin à Bourail. Photo DR / LCA
Angelo Devaud, 60 ans, éleveur à Bourail, est élu à la Chambre d'agriculture et de la pêche. Interview de notre partenaire La Calédonie agricole, magazine de la CAP, paru dans le n° 206 de février et mars.

Depuis quand êtes-vous éleveur et qu’est-ce qui vous a conduit à exercer ce métier ?

Lorsqu’au terme d’un héritage familial, je suis devenu propriétaire d’un foncier qui n’était pas exploité depuis 30 ans, j’ai voulu le mettre en valeur. Ça m’a semblé inconcevable de laisser plus de 100 hectares inexploités. Le projet a démarré en 2016. Je n’y connaissais rien, mais la volonté était là et la nature du terrain m’a incité à me lancer dans l’élevage ovin. Aujourd’hui, je dispose d’un cheptel de 100 brebis et de 6 béliers.

Avez-vous autour de vous un proche qui fait figure de modèle ?

Mon père, qui a lui-même été éleveur, de bovins le concernant, comme mon grand-père avant lui. Nous échangeons beaucoup sur la façon dont l’élevage a évolué au fil des générations. Mon père et d’autres anciens m’ont appris une valeur essentielle dans ce métier : savoir observer, être attentif au comportement des animaux. C’est essentiel de le rappeler. Une exploitation agricole ne peut pas se gérer uniquement à travers des tableaux Excel, même si j’en utilise.

Quelle est votre plus grande source de plaisir dans votre métier ?

La relation avec la nature, avec les animaux, et surtout la satisfaction d’un résultat final en termes de qualité et de performances.

Quel autre métier auriez-vous pu exercer ?

J’aurais pu être artisan. J’aime le travail manuel de qualité, qui demande de la précision, de la patience et une maîtrise des outils.

Mon père et d’autres anciens m’ont appris une valeur essentielle dans ce métier : savoir observer, être attentif au comportement des animaux.

Qu’aimeriez-vous transmettre à un jeune qui viendrait prendre votre relève ?

Plusieurs choses me viennent à l’esprit : prends soin de ton travail avec rigueur, sois exigeant avec toi-même, cherche toujours la performance et ne néglige jamais la gestion de ton exploitation. En respectant ces quelques principes, la réussite est le plus souvent au bout du chemin.

Quel est le principal obstacle que vous avez dû affronter jusqu’à présent ?

La lourdeur administrative, les démarches complexes, les normes et les obligations qui freinent les initiatives et nous détournent de notre cœur de métier.

Quel autre métier avez-vous exercé ?

Même si j’ai levé le pied, j’exerce toujours comme agent comptable, et ce depuis 33 ans. La majorité de mes clients sont issus de la Brousse. Quand j’ai démarré, les autres comptables ne voulaient pas s’embêter à aller en Brousse. J’ai fait ma clientèle comme ça. J’ai eu des bureaux à Nouméa, Koné et Koumac.

Quel regard portez-vous sur votre avenir d’éleveur ?

Je préfère parler de l’avenir du monde agricole en général, qui est aujourd’hui fortement conditionné par des décisions politiques souvent éloignées des réalités du terrain. La mainmise croissante des pouvoirs publics réduit l’autonomie des agriculteurs et complexifie leur capacité à produire librement. L’énorme influence des lobbies et des multinationales se fait au détriment des petites et moyennes structures agricoles.

En quoi la Chambre d'agriculture et de la pêche vous est utile ?

La CAP-NC est un outil formidable via les relations qu’elle entretient avec les autres structures et instituts d’élevage tant sur le territoire qu’à l’extérieur. Elle facilite l’accompagnement, et c’est essentiel pour avancer et progresser.

Avec quelle personnalité calédonienne aimeriez-vous parler de votre métier ?

J’aimerais parler de mon métier à Mimsy Daly. Elle est engagée dans le domaine de l’entreprise, du développement économique de notre territoire. Elle semble avoir la volonté d’aller de l’avant tout en étant à l’écoute. Je pense qu’elle serait à l’écoute du métier que nous exerçons.

Note

La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie [1].

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