
Lorsqu’au terme d’un héritage familial, je suis devenu propriétaire d’un foncier qui n’était pas exploité depuis 30 ans, j’ai voulu le mettre en valeur. Ça m’a semblé inconcevable de laisser plus de 100 hectares inexploités. Le projet a démarré en 2016. Je n’y connaissais rien, mais la volonté était là et la nature du terrain m’a incité à me lancer dans l’élevage ovin. Aujourd’hui, je dispose d’un cheptel de 100 brebis et de 6 béliers.
Mon père, qui a lui-même été éleveur, de bovins le concernant, comme mon grand-père avant lui. Nous échangeons beaucoup sur la façon dont l’élevage a évolué au fil des générations. Mon père et d’autres anciens m’ont appris une valeur essentielle dans ce métier : savoir observer, être attentif au comportement des animaux. C’est essentiel de le rappeler. Une exploitation agricole ne peut pas se gérer uniquement à travers des tableaux Excel, même si j’en utilise.
La relation avec la nature, avec les animaux, et surtout la satisfaction d’un résultat final en termes de qualité et de performances.
J’aurais pu être artisan. J’aime le travail manuel de qualité, qui demande de la précision, de la patience et une maîtrise des outils.
Plusieurs choses me viennent à l’esprit : prends soin de ton travail avec rigueur, sois exigeant avec toi-même, cherche toujours la performance et ne néglige jamais la gestion de ton exploitation. En respectant ces quelques principes, la réussite est le plus souvent au bout du chemin.
La lourdeur administrative, les démarches complexes, les normes et les obligations qui freinent les initiatives et nous détournent de notre cœur de métier.
Même si j’ai levé le pied, j’exerce toujours comme agent comptable, et ce depuis 33 ans. La majorité de mes clients sont issus de la Brousse. Quand j’ai démarré, les autres comptables ne voulaient pas s’embêter à aller en Brousse. J’ai fait ma clientèle comme ça. J’ai eu des bureaux à Nouméa, Koné et Koumac.
Je préfère parler de l’avenir du monde agricole en général, qui est aujourd’hui fortement conditionné par des décisions politiques souvent éloignées des réalités du terrain. La mainmise croissante des pouvoirs publics réduit l’autonomie des agriculteurs et complexifie leur capacité à produire librement. L’énorme influence des lobbies et des multinationales se fait au détriment des petites et moyennes structures agricoles.
La CAP-NC est un outil formidable via les relations qu’elle entretient avec les autres structures et instituts d’élevage tant sur le territoire qu’à l’extérieur. Elle facilite l’accompagnement, et c’est essentiel pour avancer et progresser.
J’aimerais parler de mon métier à Mimsy Daly. Elle est engagée dans le domaine de l’entreprise, du développement économique de notre territoire. Elle semble avoir la volonté d’aller de l’avant tout en étant à l’écoute. Je pense qu’elle serait à l’écoute du métier que nous exerçons.
La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie [1].