
"On est vraiment là pour sauver nos emplois", insiste Vanessa Bocquet, acheteuse aéronautique chez Air Calédonie. La salariée fait partie des nombreux employés mobilisés ce mercredi 11 mars devant le siège de la société, situé rue Unger à l’entrée de la Vallée-du-Tir, à Nouméa. Une mobilisation de deux heures, entre 9 et 11 heures, pour manifester leur crainte de perdre leur travail, alors que les vols n’ont pas repris depuis le début du blocage des aérodromes des îles, le 2 mars. "On est en dehors du conflit concernant le déménagement. Le projet de transfert à Tontouta mûrit depuis des années, on le prépare en interne depuis un an, on a tous mis beaucoup d’énergie dedans", témoigne Isabelle Bocquet, qui précise qu’au vu de la situation, un soutien psychologique a été mis en place au sein de la compagnie. "On est tous dans le même bateau", glisse-t-elle.
Air Calédonie : vols annulés et aérodromes toujours bloqués, le conflit s’enlise [1]
Aircal n’a plus de secret pour Isabelle, qui a intégré la société en 1995. La cheffe de quart au centre de coordination opérationnelle est claire. "On n’est pas là pour prendre parti, mais pour défendre notre outil de travail. On ne vole pas depuis dix jours, si ça continue, on se pose la question de savoir si on va garder nos emplois." Cette préoccupation concerne également les gens des îles. "S’il n’y a plus Air Calédonie, il n’y aura plus de service rendu à la population."

Les employés rassemblés devant le siège de la société attendent le retour d’une délégation de représentants du personnel partis rencontrer Alcide Ponga. "On a parlé de l’inquiétude des 222 personnels qui risquent de se retrouver à la rue. On a peur pour nos emplois. Magenta ou Tontouta, ce n’est pas de notre fait. Nous, ce qu’on veut, c’est ne pas être au chômage", indique Robert Kono, délégué syndical Usoenc et présent lors de l’entrevue. Pour cela, les employés veulent aussi faire passer un message. "Il faut qu’on dise aux gens des îles qu’Aircal doit continuer, c’est un outil pays", déclare un salarié. Et plutôt que de bloquer, Robert Kono, qui assure "comprendre le combat mené contre le déménagement", propose de "boycotter l’entreprise", ce qui permettrait au moins de faire voler des avions.

Ce qui est sûr, c’est que l’activité de l’opérateur aérien devrait bien rester à Tontouta. "Le président du gouvernement a déclaré qu’on ne retournerait pas à Magenta, il n’y a pas d’argent pour le financer." Et si les blocages persistent ? Le sujet devrait être abordé lors du conseil d’administration prévu cet après-midi. Il a également été question de chômage partiel, lors du comité d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu lundi 9 mars.
