
"Le territoire calédonien traverse une situation économique et sociale tendue", indiquent, dans un premier temps, les deux arrêtés pris par le haut-commissariat jeudi 12 mars afin de justifier l’interdiction du port, du transport et de l’utilisation d’armes, ainsi que de la consommation d’alcool sur la voie publique, lors des deux tours du scrutin des municipales, les dimanches 15 et 22 mars.
La représentation de l’État en Nouvelle-Calédonie explique également que la décision a été prise car la délinquance constatée sur le territoire, notamment dans l’agglomération du Grand Nouméa, demeure "caractérisée par une forte concentration géographique", nécessitant "une mobilisation accrue" des forces de l’ordre en particulier à Nouméa, "dans les quartiers de Magenta, Ducos, Rivière-Salée, Normandie, Tindu, Kaméré, Montravel et le centre-ville, ainsi qu’au Mont-Dore et à Dumbéa, où les cambriolages, les trafics de stupéfiants, les violences et les tensions urbaines sont récurrents". Des phénomènes qui concernent aussi les communes de Voh, Koné, Poya, Bélep, Pouembout et Poindimié.
Dans les deux arrêtés, le haut-commissariat rappelle que les forces de l’ordre sont régulièrement "prises pour cible" et exposées "à des jets de projectiles et à des actes de caillassage". Le document liste les atteintes à l’ordre public, "cambriolages, entraves à la circulation, incendies volontaires, jets de projectiles, blocages de voies et agressions envers les personnes", et insiste sur "le nombre croissant de vols d’armes constaté ces derniers mois sur l’ensemble du territoire".
Au vu du contexte, le haut-commissariat juge qu’il y a "lieu de prévenir les comportements individuels ou collectifs de nature à troubler la tranquillité publique", qui pourraient conduire à des rixes et des attroupements, et donc "instaurer des mesures restrictives relatives à la détention et à l’utilisation d’armes et munitions".