
2026 est l’année de la continuité, estime Pascale Doniguian, directrice du Conservatoire des arts, anciennement Conservatoire de musique et de danse [1], qui fait sa première rentrée sous cette dénomination. Une stabilité financière, d’abord, avec un budget assuré en grande partie par la Nouvelle-Calédonie, les fonds propres de l’établissement, les mairies du Mont-Dore, de Païta et de Nouméa, ainsi que l’État. Et une stabilité en nombre d’inscrits, avec 1 054 élèves, un nombre similaire à celui de 2025, "les entrées compensant toujours les départs", précise Pascale Doniguian.
Après la fermeture de l’Association de formation des musiciens intervenants en 2025 [2] par manque de budget, le Conservatoire gère désormais trois antennes au Mont-Dore, à Païta et à Koné. Mais une autre "devrait bientôt ouvrir", annonce la directrice, sans dévoiler pour l’instant la commune concernée. "Nous espérons de bonnes nouvelles dans les semaines qui viennent."
À noter que, "malgré le Covid et la si difficile année 2024", près de 16 000 spectateurs ont trouvé place dans l’auditorium de l’établissement culturel ces cinq dernières années.
Cette année, le Conservatoire programme six spectacles et créations dans le cadre de la saison Île de lumière et internationale (lire par ailleurs) ; accueille huit spectacles extérieurs ; propose deux événements annuels, la Nuit du Conservatoire et le spectacle de danse des élèves ; organise, avec la province Sud, cinq concerts éducatifs à destination des enfants du primaire, et met en place 20 mini-concerts d’élèves à destination des familles.
Il est évoqué, depuis la rentrée 2024, le fait que le Conservatoire des arts (d’où son changement de nom), s’ouvre à de nouvelles formes artistiques. "On aimerait pouvoir accueillir sous notre grand parasol des arts, aussi bien ceux du cirque que ceux de la scène, comme le théâtre", déclare Pascale Doniguian. Mais ces projets ne sont pas confirmés. "Cela signifierait qu’on se développe, alors que pour l’instant, nous essayons déjà de maintenir l’existant dans les meilleures conditions possibles."
Et s’il est "certain" que le Conservatoire subsiste cette année, l’avenir est indéterminé, alors que le gouvernement planche sur le PEA, le plan d’évolution de l’administration. "On ne sait pas encore comment les choses vont changer. 2026 est une année charnière." La directrice ne doute cependant pas que l’établissement y trouve sa place. "Nous nous y placerons pour pouvoir être sécurisés avec l’ensemble des établissements publics." Sous quelle forme, cela reste encore une inconnue.
Des établissements ont par exemple déjà fusionné, à l’image de l’ALK, Académie des langues kanak, et de l’ADCK, l’Agence de développement de la culture kanak, avec une seule direction pour deux entités. Où il pourrait s'agir d'une absorption. La question se pose pour le devenir du Conservatoire, mais également pour celui de la bibliothèque Bernheim et du Muz. "Si notre proposition est un peu différente que celle de la bibliothèque, du musée ou de l’ADCK, nous sommes aujourd’hui les établissement publics culturels de la Nouvelle-Calédonie. Nous travaillerons cette année, pour qu’il y en ait encore de longues et belles derrière."

La saison Île de lumière et internationale se compose de six spectacles imaginés par des professeurs de l'établissement, mettant également en scène des élèves, ainsi que, pour deux d'entre eux, des artistes internationaux.
→ "Candle Chamber", un concert de musique de chambre dans un cadre particulier, à la bougie, une atmosphère inhabituelle, qui "offre au public une atmosphère très intimiste, très douce", à même de favoriser "l'expérience d'une écoute particulière, plus attentive et concentrée".
→ "Vivons ensemble l'opéra", une plongée dans l'univers du chant lyrique et dans la réalité du métier d'artiste d'opéra, retraçant l'histoire et l'évolution de cet art.
→ "Éch'Ô, le murmure oublié", le spectacle de la section danse, avec la participation d'environ 150 élèves, une fable poétique et écologique sur l'histoire d'un enfant attiré par le chant d'une conque, qui l'entraîne dans un monde aquatique, avec des univers imaginaires. Une ode à la nature. Une première, car l'histoire est "entièrement originale, imaginée et écrite spécialement pour cette création".
→ "Le dialogue des saisons", une rencontre musicale entre les Quatre Saisons de Vivaldi et le cycle traditionnel de l'igname, au cœur du calendrier kanak, entre deux violonistes invités, quatre professeurs du Conservatoire et le département des musiques traditionnelles des chœurs polyphoniques océaniens.
Deux réalisations sont tournées vers le jeune public, une volonté de la direction. "Nous essayons d'avoir une programmation spéciale pour les enfants", indique Pascale Doniguian.
→ "Le Mystère de la plume", basé sur l'œuvre musicale de Ravel, "Ma mère l'Oye". Il s'agit de l'histoire d'une oie enquêtrice un peu à la Sherlock Holmes, qui trouve une plume noire et, dans sa recherche pour trouver l'oiseau à qui elle appartient, fait voyager le spectateur dans un jardin où elle rencontre des animaux.
→ "Lumi" : un conte sous forme de spectacle musical avec des compositions originales, qui se passe dans un monde où les couleurs et la lumière ont presque disparu, un narrateur est entraîné dans une quête inattendue.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/culture/le-conservatoire-celebre-ses-50-ans-et-s-ouvre-au-theatre
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/culture/association/musique/fin-de-partition-pour-l-association-des-musiciens-intervenants
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements