
L’article "Incompréhension au lycée Blaise-Pascal sur de nouvelles règles vestimentaires", publié sur le site des Nouvelles calédoniennes mercredi 11 mars, a fait réagir l’association Prismes (Prévention, respect, inclusion, Sida, mieux-être, égalité, sexualités) dans un communiqué le lendemain. Le bureau de la structure indique comprendre le fait qu’un établissement scolaire fixe certaines règles "pour des raisons de sécurité ou de neutralité". En revanche, Prismes exprime sa "profonde consternation face au durcissement des règles vestimentaires imposées aux élèves d’un lycée de Nouméa", qui "dépasse largement ces considérations".
Incompréhension au lycée Blaise-Pascal sur de nouvelles règles vestimentaires [1]
La nouvelle réglementation interdit le port de pantalons larges, joggings, bermudas en jean, débardeurs, dos-nus, jean troué, etc. Soit "des pans entiers de la garde-robe des adolescent·e·s qui se retrouvent interdits", poursuit le communiqué, jusqu’à "vouloir normer ce qui serait une tenue "correcte" ou "acceptable"". C’est cette logique qui pose problème à Prismes, car "l’école n’a pas pour mission de formater l’apparence des jeunes ni d’imposer un modèle vestimentaire unique. Elle devrait au contraire être un lieu où chacun et chacune peut construire son identité, s’exprimer et trouver sa place dans le respect des autres." Avec ces règles, l’établissement semble "imposer un contrôle excessif et injustifié sur l’apparence des élèves".
Ce qui choque davantage l’association a trait aux propos rapportés par plusieurs lycéens, concernant le fait que certaines tenues féminines devraient être évitées, parce qu’elles "perturberaient les garçons". "Un argument particulièrement préoccupant", qui laisse entendre que "le corps des filles devrait être dissimulé pour éviter de provoquer les réactions des garçons. Une vision archaïque qui fait peser sur elles la responsabilité des comportements masculins", déplore le bureau de Prismes.
Une "dimension sexiste" et une "logique de contrôle des corps", qui n’a pas sa place à l’école, ajoute le communiqué, qui devrait être un espace d’apprentissage du respect, de l’égalité et de la responsabilité individuelle, pas celui "où l’on surveille la largeur des bretelles, la longueur des shorts ou la forme des pantalons". "Contrôler les vêtements n’est pas une politique éducative", insiste l’association, "apprendre aux jeunes à vivre ensemble dans le respect des différences", en revanche, l’est. Et Prismes de conclure : "l’éducation sert à former des citoyens et citoyennes libres, responsables et respectueux·euses des autres. Ce ne sont pas les vêtements des élèves qu’il faut surveiller. Ce sont les comportements sexistes et irrespectueux qu’il faut combattre".