
En ce dimanche d’élections municipales, devant les bureaux de vote de l’Arène du Sud et du Dock socioculturel, les habitants de Païta glissent dans l’urne une enveloppe qui contient leur bulletin, mais aussi leurs attentes. Si les profils et les quartiers diffèrent, un mot revient souvent dans les échanges : le changement. "Déjà, qu’il y ait un changement", résume Marthe, 54 ans, habitante du Mont-Mou. Elle souhaite voir émerger "des gens d’ici qui connaissent la commune". Pour son quartier, elle évoque plusieurs priorités : "revoir les équipements sportifs pour la jeunesse, renforcer la sécurité et créer une maison commune pour rassembler les familles".
Dans la plupart des quartiers, les préoccupations concernent avant tout la vie quotidienne. Au lotissement Cadysia, au Mont-Mou, Benjamin, 21 ans, pointe la sécurité routière. "Les gens roulent comme s’ils étaient sur la RT1. Il faudrait des dos-d’âne et réparer les lampadaires qui ne marchent plus", énumère le jeune homme.

Toujours au Mont-Mou, Gilbert, 66 ans, évoque, lui aussi, les questions de sécurité et d’éclairage public. "Il faut améliorer les rues et faire de la prévention pour les rodéos en voiture", estime-t-il, tout en regrettant l’absence visible de police municipale dans certains secteurs.
Dans les tribus, les attentes se concentrent souvent sur l’état des routes. À Saint-Laurent, Yorelia, 25 ans, souhaiterait "qu’on écoute davantage les jeunes et la population kanak", mais évoque également un problème partagé par de nombreux habitants : "refaire les routes pour les tribus. Tout le monde s’en plaint depuis des années", rappelle la jeune citoyenne.
Quant aux habitants des lotissements, ils évoquent surtout les aménagements urbains. Au lotissement Bernard, Mireille regrette que certaines promesses faites après les inondations n’aient pas été suivies d’effets. "On nous a promis des choses et il n’y a toujours rien", se désole-t-elle. Grégory, 34 ans, insiste lui aussi sur la crédibilité des programmes. "Qu’ils honorent au moins ce qu’ils ont annoncé. Beaucoup de promesses ont été faites et jamais tenues", estime-t-il.

Certains habitants du village évoquent également le développement économique local. Tiffany, 31 ans, aimerait voir davantage de commerces. "Les gens descendent souvent à Nouméa pour faire leurs courses. Ça serait bien qu’il y ait plus de magasins ici."
La problématique des transports apparaît également, surtout dans les quartiers les plus éloignés. Fabien, 37 ans, installé au Mont-Mou, regrette l’arrêt de certaines liaisons. "Depuis les émeutes, il n’y a plus de cars. Les gens s’organisent entre voisins pour se déplacer."
Mais derrière ces préoccupations concrètes, une forme de scepticisme se dégage de la plupart des discours des électeurs. "On vote, mais on attend de voir", résume dans un sourire Edmond, habitant du lotissement Bernard. Doui, 66 ans, déplore, pour sa part, que "ce sont souvent les mêmes visages" qui reviennent sur les listes. D’autres préfèrent suspendre leur jugement. "Il y a ceux qui parlent et ceux qui font", glisse Yorick, 38 ans.