
Planter des arbres ne suffit pas toujours pour restaurer un milieu dégradé. Au pont des Japonais, au Mont-Dore, l’association Caledoclean adapte son action pour faire face à un phénomène qui perdure malgré les nombreuses opérations de reboisement engagées ces dernières années. "Le reboisement, c’est de la prévention, explique Thibaut Bizien, chargé de mission à Caledoclean. Ça fonctionne sur des zones où les sols restent relativement stables. Mais une fois que l’érosion est installée, ce n’est plus suffisant."
Sur ce site qui porte les cicatrices des incendies et des activités minières, certaines surfaces sont aujourd’hui fortement dégradées. La végétation peine à s’y réinstaller et les sols, mis à nu, sont directement exposés aux pluies.
Sous l’effet du ruissellement, des ravines se forment et s’élargissent progressivement. "Ce sont des milliers de tonnes de terre qui partent chaque année", indique l’association. Une partie de ces sédiments, chargés en métaux lourds, est entraînée vers les cours d’eau, puis jusqu’au lagon, avec des impacts sur les écosystèmes.

"On a à la fois des zones où la montagne se creuse et où la biodiversité peine à revenir, et des particules qui se retrouvent dans les milieux aquatiques", résume Thibaut Bizien. Pour enrayer ce processus, Caledoclean a engagé un chantier spécifique : l’installation de fascines dans les ravines les plus creusées.
Ces dispositifs consistent en une succession de petits barrages en bois, installés à intervalles réguliers dans les creux formés par l’érosion. Leur fonction est de ralentir l’écoulement de l’eau et de favoriser l’accumulation de sédiments.
"Ce ne sont pas de grands ouvrages, détaille le chargé de mission, mais ils sont multipliés et rapprochés. Cela permet de freiner l’eau et de retenir la terre." Au fil du temps, des banquettes se forment derrière ces structures. "Ce sont ces surfaces que l’on pourra ensuite replanter", explique le militant écologiste.
Déjà utilisée sur d’autres sites du pays, cette technique vise à compléter les opérations de reboisement en intervenant sur les zones les plus dégradées.
En six semaines de chantier, une équipe de quatre personnes a ainsi réalisé 3,6 kilomètres de fascines sur le site du pont des Japonais. L’objectif que s’est fixé Caledoclean est d’atteindre les 6 kilomètres dans les prochains mois.

Le projet est mené en partenariat avec le gouvernement et l’Agence néo-calédonienne de la biodiversité (ANCB). Des opérations similaires ont déjà été conduites ailleurs sur le Caillou, notamment avec une autre association environnementale, le WWF.
À terme, l’association souhaite poursuivre ce type d’intervention pour stabiliser les sols avant de relancer les plantations. "L’idée, c’est de combiner les approches, indique Thibaut Bizien. Retenir la terre, puis permettre aux végétaux de s’installer durablement."
Caledoclean organise une opération de plantation de forêt sèche ce week-end à Tina, en partenariat avec la mairie de Nouméa, du côté de la pointe Lasalle. L'association invite les volontaires à la rejoindre samedi 21 mars, à 8 heures, au parking de la station shell de Tina, sur l'ancien péage de la voie rapide du Mont Dore.
Venir avec des chaussures fermées, de quoi s'hydrater et se protéger du soleil.
Plus d'informations sur la page Facebook de Caledoclean. [1]