
Il a manqué 157 voix à la liste indépendantiste "Unité pays, la voie des quartiers populaires", pour se qualifier au second tour des élections municipales à Nouméa. Avec 9,52 % des suffrages exprimés, soit 3 125 voix, Lessé Adjouhgniope et son équipe ont été éliminés dès le premier tour, actant la disparition des élus indépendantistes du conseil municipal.
À quatre jours du second tour, qui verra s’affronter Sonia Lagarde, Virginie Ruffenach et Philippe Dunoyer, la liste FLNKS appelle, dans un communiqué diffusé mardi 17 mars, "celles et ceux qui se reconnaissent dans notre démarche à se rendre aux urnes et à exprimer un vote blanc ou nul", dimanche 22 mars. Car "les choix proposés au second tour ne permettent pas de porter les orientations que nous défendons", affirme Unité pays, soulignant que deux des candidats qualifiés sont des signataires de l’accord de Bougival et son complément, Elysée-Oudinot, quand la "troisième [Sonia Lagarde NDLR] est soutenue publiquement par celles et ceux qui s’y sont engagés". Les trois listes encore en course "valident ainsi, par leur positionnement, des orientations lourdes de conséquences, notamment le dégel du corps électoral et les logiques de partition de notre pays", selon Unité pays.
La liste du FLNKS à Nouméa est également revenue sur l’organisation du scrutin, et notamment le regroupement contesté des 57 bureaux de vote en huit lieux. Une décision de la municipalité qui a "eu des conséquences directes et mesurables sur la participation". Unité pays évoque une progression de la participation de "5 points" dans les bureaux de vote des quartiers populaires, quand celles des bureaux de la ville, "où les conditions de déplacement sont plus favorables", a augmenté de "8,8 points", preuve selon ses représentants que "l’accès au scrutin s’est trouvé matériellement plus difficile".
Son absence du conseil municipal n’empêchera pas le FLNKS de poursuivre son action dans les quartiers, assure Unité pays, qui entend "accompagner les forces vives locales" et "donner aux quartiers les moyens de s’organiser, de porter leurs projets et de peser dans les décisions qui les concernent". "Parce que la transformation de Nouméa ne se fera pas sans les quartiers populaires, le pouvoir d’agir doit désormais partir du terrain, s’ancrer dans le quotidien et construire, pas à pas, un rapport de force durable."