
Les trois juges d’instruction parisiens chargés de ce dossier ont notifié en janvier la fin de l’information judiciaire aux avocats de Christian Tein, leader de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), devenu président du Front de libération kanak (FLNKS), et de treize autres mis en examen (et cinq témoins assistés), a indiqué une source judiciaire. Une information révélée par le quotidien La Voix du caillou dans son édition du 11 mars.
Les parties peuvent faire des observations. Puis le parquet doit rendre ses réquisitions avant que le juge décide, ou non, de les renvoyer devant un tribunal.
Cette enquête avait été ouverte en 2024, à la suite d’une des plus graves crises qu’ait connue la Nouvelle-Calédonie, ayant fait 14 morts et près de 240 milliards de francs de dégâts. En juin, une vague d’interpellations ciblait la CCAT, "structure organisée composée de donneurs d’ordres et d’exécutants", soupçonnée d’avoir mis au point un plan pour "déstabiliser les unités économiques, les administrations et les services de l’État" sur l’archipel.
La justice lui reproche la mise en place "d’une véritable logistique […] par le recrutement et la mobilisation des émeutiers, le ciblage des objectifs et la collecte des moyens matériels (armes à feu, engins incendiaires, matériels de surveillance) et de communication (talkies-walkies, drones, comptes-rendus de réunion, communiqués et transmission des instructions)".
"C’est la dernière ligne droite pour que la justice constate l’absolue innocence de Christian Tein, qui a été injustement privé de sa liberté, des siens, de sa terre et pointé du doigt par ses adversaires durant de longs mois", a réagi son avocat, Me Florian Medico. "L’information judiciaire a permis de démontrer que Christian Tein mène un combat politique et pacifique, et qu’aucune infraction ne peut lui être reprochée", a-t-il ajouté.
"Non seulement ces personnes sont innocentes, mais l’État a manqué à son devoir d’impartialité dans la crise de Nouvelle-Calédonie. Il a en plus tenté d’instrumentaliser la justice", a commenté un autre avocat de la défense, Me François Saint-Pierre, pointant notamment les conditions de leur transfert d’urgence en Métropole.
À Paris, où la défense est parvenue à faire dépayser l’enquête en janvier 2025, le parquet, sollicité par l’AFP, n’a pas souhaité communiquer.