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Airbags Takata : après deux décès, l’urgence d’agir face à 10 000 voitures à risque
Julien Mazzoni | Crée le 19.03.2026 à 11h46 | Mis à jour le 19.03.2026 à 11h48

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Le remplacement des airbags Takata dure entre une demi-heure et une heure. Photo Julien Mazzoni
Une nouvelle alerte a été lancée mercredi 18 mars dans le cadre de la campagne de rappel des airbags Takata. En Nouvelle-Calédonie, où deux morts sont à déplorer, entre 10 000 et 12 000 véhicules circuleraient encore avec ces équipements potentiellement mortels.

Un second décès, survenu à Koné le 23 décembre, est venu tragiquement rappeler que le danger est bien réel. "C’est déjà deux de trop." Le constat de Laurent Jeandot, président de l’Association professionnelle des concessionnaires automobiles (APCA), donne le ton. Après le drame survenu à Maré en novembre [1], un second décès lié à un airbag Takata a donc été confirmé à Koné. Une enquête judiciaire est en cours.

Face à cette réalité, les acteurs de la filière automobile, de l’expertise et de l’assurance, ont lancé, mercredi 18 mars, une nouvelle alerte. Des milliers de véhicules circulent encore en Nouvelle-Calédonie avec ces airbags défectueux. Selon les éléments présentés en conférence de presse, entre 10 000 et 12 000 véhicules resteraient à traiter, sur un parc initial évalué entre 18 000 et 20 000, environ 6 000 à 8 000 ayant déjà été pris en charge.

Un dispositif de sécurité qui peut devenir mortel

Le danger vient de la dégradation progressive du système. "C’est un processus dégénératif, insiste Laurent Jeandot. Plus le temps passe, plus le risque est important."

Conçu pour protéger les occupant du véhicule, l’airbag Takata peut, dans certains cas, produire l’effet inverse. "Lors du déclenchement, une explosion anormale peut entraîner la rupture de la cartouche et projeter des fragments métalliques dans l’habitacle", explique Willy Merillon, expert automobile et président de l’Alliance calédonienne des experts en automobile (ACEA).


C’est cette cartouche défectueuse qui peut se transformer en projectile mortel lors du déclenchement des airbags Takata. Photo Julien Mazzoni

La violence du phénomène est extrême. Le déploiement intervient en quelques millisecondes et la projection peut atteindre des vitesses de l’ordre de plusieurs centaines de kilomètres par heure, comparable, selon les professionnels, à un projectile d’arme à feu. Dans ces conditions, "les chances de survie pour le conducteur sont faibles". Le risque est d’autant plus élevé en Calédonie que les conditions climatiques – chaleur et humidité – accélèrent la dégradation des composants.

Difficultés à joindre les propriétaires

Si une part du parc a déjà été traitée, la campagne se heurte désormais à une difficulté majeure : retrouver les propriétaires des véhicules concernés. "Des milliers de personnes restent difficiles à joindre", reconnaît Laurent Jeandot. En cause, des adresses erronées, des cartes grises non mises à jour ou l’absence de transfert lors de la revente du véhicule. Un problème amplifié par le poids du marché de l’occasion sur le Caillou, où les véhicules changent souvent de main.

Face à ces difficultés, des discussions sont en cours avec les pouvoirs publics, notamment la DITTT (direction des infrastructures, de la topographie et des transports terrestres). Plusieurs pistes sont à l’étude : contrôle du rappel lors des transferts de carte grise, intégration dans le contrôle technique des véhicules, voire, à terme, des mesures de type "stop drive", c’est-à-dire interdisant la circulation des véhicules concernés.

"Ce sont des mesures contraignantes, mis il s’agit de vies humaines", souligne Laurent Jeandot, estimant qu’il est "inacceptable" de laisser encore près de 10 000 véhicules à risque en circulation.

Un geste simple, trop peu effectué

Les professionnels insistent sur un point : la solution est facilement accessible. Le remplacement de l’airbag est gratuit, l’intervention dure entre trente et soixante minutes et les délais de rendez-vous sont généralement de deux à trois jours. "En deux minutes, vous pouvez savoir si votre véhicule est concerné", rappelle Laurent Jeandot.


Les professionnels du secteur automobile et des assurances organisent le rappel urgent des véhicules toujours équipés airbags Takata. Photo Julien Mazzoni

Pour Jean-Michel Calba, président du Comité des sociétés d’assurance de Nouvelle-Calédonie, ne pas agir peut également soulever des questions de responsabilité. "Faire remplacer son airbag, c’est un acte de prudence, mais aussi de responsabilité envers soi-même et les autres", ajoute-t-il, en précisant que la responsabilité de conducteurs informés du caractère défectueux de leur airbag peut être engagée en cas d’accident, si rien n’a été fait pour remettre leur véhicule en conformité.

Avec plus de 200 000 véhicules en circulation et une accidentologie élevée, l’enjeu est majeur pour le pays. "Ce n’est pas une menace potentielle, c’est une menace silencieuse", alerte Olivier Goyard, gérant d’Argus NC. D’autant que, sans signe avant-coureur, le danger peut survenir au moment même où l’airbag est censé protéger les occupants.

Comment vérifier si votre véhicule est concerné

Le plus simple est d’effectuer la démarche en ligne. Rendez-vous sur le site argus.nc [2], rentrez votre numéro d’immatriculation ou votre numéro de châssis et vous serez immédiatement avertis si votre véhicule est concerné par la campagne de rappel.

Vous pouvez également obtenir ce renseignement par téléphone auprès de :

  • CPH Services (experts automobiles) : 41 44 66.
  • Groupe Jeandot : 05 01 10 (gratuit).
  • Groupe Bernard Hayot : 05 00 38 (gratuit).
  • Gladius automobiles : 25 52 60.
  • Hickson automobiles : 24 39 23.

Tout comme le remplacement de l’airbag cette vérification est gratuite.

Important : ne tentez pas de démonter ou de remplacer l’airbag vous-même. En cas de doute, contactez un professionnel.

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