
Le fossé entre le parti de gauche radicale La France insoumise et le Parti socialiste (PS) s’est encore creusé durant les municipales. Leurs alliances d’entre-deux-tours, conclues tout en s’invectivant, ont globalement échoué.
Chez LFI, les choses sont simples. Le leader Jean-Luc Mélenchon n’a pas encore annoncé sa candidature, mais elle ne fait aucun doute. La campagne des municipales a d’ailleurs installé un duel avec l’extrême droite menée par le parti Rassemblement national.
Dans les autres partis, c’est bien plus confus. Une primaire doit désigner un candidat de la gauche le 11 octobre, même si l’idée peine à convaincre. La patronne des écologistes Marine Tondelier, ainsi que deux députés ex-Insoumis comptent y participer. Mais l’ancien président François Hollande notamment, est contre. Raphaël Glucksmann, leader de Place publique, la refuse également. Jean-Luc Mélenchon et lui semblent les mieux placés à gauche dans les sondages, même si ceux-ci doivent être pris avec précaution à ce stade.
Le patron du PS, Olivier Faure, qui défend la nécessité de s’unir face à l’extrême droite, prépare sa propre candidature, mais ne s’est pas encore déclaré. Du côté du Parti communiste français, Fabien Roussel, opposé à une primaire, devrait se remettre en piste.
Le camp présidentiel ouvre la page de l’après Emmanuel Macron, sans héritier évident. Deux anciens Premiers ministres, Édouard Philippe et Gabriel Attal, sont dans la course. Le premier, fondateur du parti Horizons et candidat depuis septembre 2024, compte s’appuyer sur sa réélection à la mairie du Havre pour se redonner un élan. Il semble, pour l’heure, le meilleur espoir de victoire du bloc central.
Mais le chef des députés macronistes Gabriel Attal travaille sa stature, bien qu’il ne se soit pas encore déclaré. D’autres noms circulent.
La montée du Rassemblement national fait grimper l’idée d’une primaire, mais avec quels contours ? Le "socle commun", attelage de gouvernement qui réunit le bloc central et Les Républicains (droite), pourrait servir de base, même si les divisions y sont aussi nombreuses que les candidats.
Chez Les Républicains (LR) aussi, d’influentes voix réclament une primaire plus large. Peut-être même jusqu’au parti d’extrême droite Reconquête !. LR doit plancher mardi sur le mode de désignation retenu de son candidat. Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a officialisé sa candidature en pleine campagne des municipales, sans provoquer chez ses troupes l’enthousiasme espéré. Il ne manque pas de rivaux. Le parti devra aussi choisir une ligne, entre un rassemblement vers le centre ou un virage à droite.
Comme à chaque élection, les observateurs scrutent l’arrivée d’un outsider qui pourrait bousculer les équilibres. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin prépare une candidature, fort de sa cote de popularité, mais qui ne se convertit pas pour l’instant en intention de votes.
Pour le Rassemblement national, tout se joue le 7 juillet. Marine Le Pen, triple candidate à la présidentielle, saura si la justice confirme sa condamnation à deux ans de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate dans le dossier des assistants des eurodéputés RN. Le parti a déjà commencé à préparer les esprits à une candidature de Jordan Bardella, qui montre des signes d’émancipation. Le RN fait en tout cas course en tête dans les intentions de vote.
Du côté de l’autre formation d’extrême droite Reconquête !, Sarah Knafo, qui s’est hissée au second tour des municipales à Paris avant de se retirer, réfute pour l’instant toute candidature en 2027. Son compagnon Éric Zemmour, président du parti, annoncera sa décision plus tard, selon elle.