
Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) revendique une "clarification politique majeure" à l’issue des élections municipales. Dans un communiqué diffusé mercredi 25 mars, le mouvement indépendantiste salue la mobilisation de ses électeurs et met en avant des résultats qu’il juge "significatifs" à l’échelle du pays.
Présentes dans les trente-trois communes, les listes affiliées au FLNKS soulignent avoir remporté ou conservé plusieurs bastions, notamment à Lifou, Hienghène ou Bélep, et être arrivées en tête dans plusieurs communes, comme Houaïlou, Ouvéa ou Canala. Le mouvement met aussi en avant des percées dans des zones historiquement acquises à l’UNI, comme Yaté ou Touho.
Ce second tour est analysé comme un tournant par le Front, qui dénonce une "mobilisation conjointe" des Loyalistes, de l’UNI et du Rassemblement pour faire barrage à ses listes. Il critique notamment des fusions qualifiées "d’opportunistes", qui auraient permis à ses adversaires de l’emporter à Poum, à Pouébo ou encore à l’île des Pins.
Au cœur de cette lecture politique, la fracture avec l’Union nationale pour l’indépendance (UNI). Le FLNKS accuse son partenaire historique d’avoir "fragilisé l’unité du peuple kanak" en s’alliant ponctuellement avec des formations opposées à l’indépendance.
Chiffres à l’appui, le mouvement affirme avoir rassemblé 63 % de l’électorat indépendantiste, contre 26 % pour l’UNI. Il en déduit que "trois électeurs indépendantistes sur quatre" ont voté pour des listes opposées à l’accord de Bougival, point central de crispation dans le paysage politique actuel.
Dans ce contexte, le FLNKS estime sortir "largement renforcé" et met en garde contre toute tentative de passage en force d’une réforme constitutionnelle liée à cet accord, évoquant un "risque sérieux" pour la stabilité du pays. Le mouvement appelle enfin ses militants à rester mobilisés en vue des prochaines élections provinciales.