
"Le calendrier politique n’est plus compatible avec l’urgence économique." Dans un communiqué publié jeudi 26 mars, les chambres consulaires, les organisations et les syndicats professionnels du pays tirent la sonnette d’alarme.
Pour appuyer leur message, ils mettent en avant les résultats d’une enquête réalisée entre le 19 et le 25 mars auprès de 776 entreprises, représentant 860 structures et 10 263 salariés, soit 18,9 % de l’emploi privé calédonien.
Premier signal : la visibilité qui se réduit fortement. Selon l’étude, 39 % des entreprises disposent de moins de trois mois de visibilité sur leur activité, et la même proportion indique avoir moins de trois mois de trésorerie pour faire face à leurs charges.
Dans ce contexte, les perspectives à court terme ne sont guère réjouissantes pour les entrepreneurs. 39 % des répondants indiquent que leur priorité pour les six prochains mois est d’assurer la survie de leur entreprise.
90 % des entreprises interrogées partagent un autre constat. Elles estiment qu’il n’y aura pas de relance durable sans solution institutionnelle. Sans visibilité à ce niveau, elles estiment que les investissements, les embauches et les décisions de production sont suspendus. À l’inverse, un cadre stabilisé permettrait de relancer ces dynamiques. Les entreprises déclarent ainsi être prêtes, en cas d’accord clair à engager jusqu’à 52 milliards de francs d’investissement
L’enquête met également en avant les conséquences qu’aurait notamment sur l’emploi la prolongation de l’incertitude. Un quart des entreprises envisagent ainsi de réduire leurs effectifs, tandis qu’un quart pourraient cesser leur activité. Par ailleurs, 17 % évoquent un risque de liquidation et 45 % indiquent qu’elles pourraient reporter ou annuler leurs investissements.
D’un point de vue plus global, 62 % des répondants déclarent ne pas être confiants dans la capacité de la Nouvelle-Calédonie à rebondir.
Face à ces résultats, les organisations professionnelles appellent donc les parlementaires à "prendre leurs responsabilités". Si aucun accord ne devait être trouvé, elles demandent que la population soit directement consultée sur l’avenir institutionnel du pays. En toile de fond, le communiqué rappelle l’ampleur du choc économique subi depuis mai 2024 : un PIB en chute de 25 %, la destruction de 13 000 à 15 000 emplois et des investissements en chute libre. "Chaque mois d’attente détruit des entreprises, des emplois et des compétences qui ne seront pas recréées", préviennent les signataires.
Reste désormais à guetter l’échéance parlementaire de la semaine prochaine. En cas de rejet du projet de loi constitutionnelle autour de l’accord de Bougival et d’Elysée-Oudinot par l’Assemblée nationale, les entreprises interrogées disent ne percevoir "aucune perspective d’avenir" sans alternative permettant de relancer l’économie.