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Résolution de l’ONU sur l’esclavage africain : des élus des Antilles et de Guyane dénoncent l’abstention de la France
AFP | Crée le 28.03.2026 à 14h58 | Mis à jour le 28.03.2026 à 14h59

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Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a qualifié la traite transatlantique des esclaves africains de " crime le plus grave contre l’humanité ", une décision saluée par les défenseurs de cette cause comme un pas vers la guérison et d’éventuelles réparations. AFP - Yanick Folly
L’abstention de la France lors du vote à l’ONU le 25 mars d'une résolution qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique de "plus grave crime contre l’humanité" suscite une vive polémique. Des élus de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane dénoncent un choix jugé incompréhensible et en rupture avec l’histoire mémorielle française.

"Un signal profondément incompréhensible": plusieurs parlementaires des territoires français d’outre-mer de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane ont critiqué vendredi 27 mars l’abstention de la France lors du vote aux Nations unies, mercredi, d’une résolution reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme "le plus grave crime contre l’humanité".

La France a envoyé "un signal profondément incompréhensible" en contradiction avec "son histoire législative", a dénoncé dans un communiqué Béatrice Bellay, députée socialiste de la Martinique, rappelant que la France avait été pourtant "le premier" pays à faire un pas vers cette reconnaissance, par la loi Taubira du 21 mai 2001.

Le texte adopté mercredi ne crée pas d’obligation juridique contraignante mais constitue "un acte politique et mémoriel majeur" qui permettra d'"ouvrir un dialogue international sur [les] conséquences durables" de l’esclavage, a de son côté estimé le député apparenté socialiste guadeloupéen Christian Baptiste, qualifiant de "recul" la position française.

"Faute morale"

La France "a encore affaibli sa crédibilité auprès des peuples des dits outre-mer", a pour sa part fustigé son homologue martiniquais Marcellin Nadeau (GDR, gauche), dénonçant "un nouveau refus de reconnaissance pleine et entière" à l’égard des Ultramarins.

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron jeudi, le sénateur guadeloupéen et ex-ministre des Outre-mer Victorin Lurel avait déploré "une faute morale, historique, diplomatique et politique" contribuant à "ternir un peu plus" l’image de la France et à "fragiliser" les efforts de réconciliation mémorielle entre les pays occidentaux et leurs anciennes colonies.

Le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale de Guyane, auquel appartient le député Jean-Victor Castor, a lui aussi dénoncé l’abstention de la France, ajoutant que "l’esclavage n’est pas seulement un crime du passé" car "ses conséquences structurent encore les inégalités actuelles".

Le parti a par ailleurs appelé l’ONU à "permettre à la Guyane de réintégrer la liste des territoires non autonomes et forcer la puissance administrante à accepter un plan de décolonisation".

"Mettre en concurrence des tragédies historiques"

La résolution, soutenue par l’Union africaine et présentée par le Ghana, a été adoptée mercredi par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne).

Elle déclare "la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains" comme "les plus graves crimes contre l’humanité", condamnant cette "injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité".

Les opposants au texte l’accusent de mettre les crimes en "compétition". Celui-ci "risque de mettre en concurrence des tragédies historiques qu’il n’y a pas lieu de comparer, sauf à le faire au détriment de la mémoire des victimes", a par exemple justifié Sylvain Fournel, membre de la représentation française à l’ONU, tout en plaidant pour refuser "l’oubli et l’effacement".

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