
Jean Creugnet, élu UPM de la province Nord, a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une hôtesse de l’air par le tribunal correctionnel de Nouméa, mardi 31 mars. Les faits sont survenus lors d’un vol entre Nouméa et Singapour, le 1er septembre 2023. Un geste déplacé, notamment au niveau de la cuisse et des fesses, a été évoqué à l’audience. Un témoin a également décrit une situation ayant conduit à interrompre le service à proximité du passager.
Le tribunal a prononcé une peine de six mois de prison avec sursis, ainsi que cinq ans d’inéligibilité à l’encontre de Jean Creugnet. De plus, son nom sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
À la barre, le prévenu a contesté les faits. "Il a nié, en évoquant notamment l’absence d’intention et l’alcool", rapporte Me Caroline Marcou-Dorchies, avocate de la compagnie aérienne Aircalin, qui s’est constituée partie civile et qui a pallié lors de l’audience l’absence de l’avocat de la victime, indisponible. "Il était dans le déni complet", ajoute-t-elle.
Le tribunal a néanmoins retenu les faits d’agression sexuelle. Les témoignages et le malaise exprimé par la victime ont été pris en compte dans l’appréciation des juges, selon l’avocate, ainsi que le comportement du prévenu lors de l’audience. "L’avion est un lieu confiné. En tant qu’employeur, la compagnie doit assurer la sécurité de ses salariés, explique l’avocate. Aircalin, en se portant partie civile, a voulu montrer qu’elle ne tolère pas ce genre de comportement à l’égard de son personnel."
La compagnie a demandé un franc symbolique de dommages et intérêts, "pour marquer son soutien", précise Me Marcou-Dorchies.
Pour l’avocate, le jugement permet de rappeler le cadre légal. "Il s’agit bien d’une agression sexuelle, même si certains gestes peuvent être perçus comme minimes."
Elle évoque également une forme de banalisation de certains comportements. "Il existe encore une incompréhension de la part des auteurs, avec l’idée que ce n’est pas grave tant que certaines limites ne sont pas franchies."
En l’absence d’exécution provisoire, la peine d'inéligibilité s’appliquera s'il ne fait pas appel de son jugement, l'appel étant suspensif. S'il ne siégeait plus au Congrès ni à la province Nord, Jean Creugnet n’avait pour autant pas démissionné de ses mandats. Il n’a pas encore annoncé s’il envisagé de contester cette décision.