
Bah malheureusement j’ai assez honte, mais je ne connais pas grand-chose de la Nouvelle-Calédonie et c’est pour ça que je suis très content de découvrir.
On m’a proposé de venir en Polynésie, et je trouvais ça trop bien de jouer mes chansons loin de chez moi dans un autre contexte. J’étais déjà venu à Tahiti il y a trois ans, et ça s’était hyper bien passé, on avait reçu un super bon accueil.
Ça fait longtemps qu’on avait envie de venir en Nouvelle-Calédonie, mais à chaque fois, on avait du mal à trouver le créneau à cause de la distance, parce que ça prend un peu de temps de venir. Mais au final, on a réussi, donc on est trop contents.
Oui, en fait on appelle ça un “showcase”, parce qu’il n’y a pas la même scénographie qu’en France, parce qu’on ne peut pas ramener tout le décor, et puis parce qu’il n’y a pas les musiciens, mais ça reste quand même un vrai concert. Je joue un peu plus d’une heure, des anciens et des nouveaux morceaux, j’ai justement une set list un peu adaptée au fait d’être en Nouvelle-Calédonie. Donc même si on appelle ça showcase, c’est un vrai concert.
Je pense que même s’il y a des différences, on peut se retrouver. Moi, j’ai grandi en écoutant du rap américain et du rap anglais qui parlaient d’une vie différente de la mienne, mais j’arrivais quand même à trouver des choses qui me parlaient et à m’identifier, donc je me dis qu’après ça reste des histoires sur lesquelles on peut se projeter.
Certaines chansons, comme "Jour Meilleur" ou "La Quête", tu peux venir de n’importe où dans le monde, ce sont toujours des sentiments humains (j’espère).
C’est un mélange des deux. Il y a toujours un petit stress, mais aussi un petit côté excitant de la différence, un petit côté de liberté, donc on va dire que c’est entre les deux.
Il y a beaucoup de choses qui m’inspirent, des expériences, des histoires. Tout m’inspire, c’est difficile à savoir en fonction des morceaux, mais globalement, j’aime bien essayer de raconter des choses qui parlent aux gens.
J’écris un peu dans les deux sens, des fois ça part d’un son, des fois ça part d’une idée. Je prends beaucoup de notes.
Mon frère avait fait un documentaire où il expliquait comment j’écris, et c’est vraiment de la prise de notes un peu tout le temps.
Beaucoup de choses ont changé, parce que j’ai la chance de vivre de ma passion. Ma vie de tous les jours, c’est de faire de la musique et ça n’a pas toujours été le cas, donc tout a changé.
Il faut dire aussi que je n’ai pas du tout le même âge que quand je n’étais pas connu. Ça fait maintenant vingt ans que je vis de ma musique, donc oui, il y a beaucoup de choses qui ont changé dans ma vie en général.
Pour moi, je serai toujours un rappeur, parce qu’à la base, je fais du rap. Après, c’est sûr qu’il y a des chansons qui ne sont pas du rap, puisque ce sont des mélodies chantonnées, donc c’est toujours à mi-chemin. Mais maintenant, je me vois plus comme un auteur de toute façon. Quand je fais un morceau de rap, je l’écris de la même façon que quand je fais un morceau plus chanté, donc je ne me pose pas trop de questions. Je reste un rappeur qui écrit aussi d’autres choses.
Oui carrément, c’est possible. C’est sûr que le fait de voyager et de voir d’autres choses ça permet d’ouvrir l’esprit. Ça peut se répercuter dans des idées, dans des phrases, dans des morceaux, dans des influences musicales, dans la façon de voir le monde. Donc, c’est sûr que ça a de l’influence.
C’est difficile à dire, mais je pense qu’il y a pas mal de cases qui ont été cochées. En tout cas, moi je me sens heureux et j’ai l’impression d’avoir suivi une évolution qui me ressemble, donc oui.
Déjà, rien que le fait de vivre de la musique et d’avoir une passion, d’avoir de la reconnaissance, c’est “ouf”, donc je pense que c’est un peu tout ce à quoi j’aspirais : c’était vraiment de pouvoir vivre de ma passion, faire de la musique, faire des films, écrire, et en ça je pense que oui.