
J’exerce cette activité depuis deux ans. En fait, c’est mon épouse, Thi Thai, qui a démarré la première il y a 6 ans. Elle est d’origine vietnamienne, de la région de Nam Dinh, et une grande partie de sa famille baigne dans ce milieu depuis plusieurs générations. Nous avons commencé sur notre propriété, avec de la production hors sol, sur une surface de 8 ares, avant de louer en complément un terrain à la Ouaménie, où nous disposons de 2 hectares en plein champ. Notre production est très tournée vers le vert : laitue, roquette, céleri, chou chine, oignon vert, basilic, haricots, concombres, etc. Sans compter toute une palette d’aromates Viêt qui sont un peu notre production "signature".
Mon épouse ! Si le contexte de 2024 a un peu précipité cette décision, nous avions déjà convenu que je la rejoigne dans cette activité. Disons que ça s’est bien goupillé dans un contexte éminemment compliqué.
Le plein air. Et même si ça demeure un métier contraignant, il offre un espace de liberté devenu rare. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours mais pour moi qui viens du bâtiment, je préfère ce plein air à celui de la construction, il est moins chargé de bruit et de poussière. Et j’apprécie aussi beaucoup le contact avec nos clients sur les marchés, même si ce canal de vente est exigeant en termes d’horaires.
Les débuts sont durs financièrement quand on n’a pas la chance d’avoir soi-même des terres agricoles. Jusqu’à présent, acheter du terrain s’est avéré impossible. C’est une forme d’équation non résoluble. Pour écouler via les circuits courts, il faut se rapprocher du bassin de population du Grand Nouméa. Mais plus on s’en rapproche, plus la terre est onéreuse. Et les banques ne suivent pas. Nous sommes donc dans l’obligation d’exploiter une terre louée, avec un bail court, de 8 ans, qui nous offre peu de visibilité à long terme.
J’ai exercé comme électricien dans le bâtiment pendant 27 ans, à mon compte.
Je suis fier de tout, j’aime mon parcours professionnel. Outre l’électricité, j’ai fait des toitures, vendu des placards. J’ai toujours été à mon compte. J’ai appris de toutes ces expériences et, même si j’ai fait des erreurs, je ne regrette rien. C’est aussi ça le prix de la liberté.
Nous avons des projets, mais ça reste la Nouvelle-Calédonie avec les freins que nous connaissons et l’incertitude à laquelle nous devons tous faire face. C’est un peu le paradoxe de ce territoire plein de promesses qui compte moins de consommateurs mais plus d’agriculteurs depuis les émeutes. Ça a créé du déséquilibre. On va donc dire qu’on a des projets sous le coude, mais qu’on ne peut pas trop le lever en ce moment…
Elle m’a été utile en termes de conseil, d’accompagnement administratif lors de la création de ma structure. Et le dock des engrais n’est pas qu’un espace d’achat. Leurs conseils techniques m’ont été précieux. Présent au marché de Ducos depuis août 2024, j’apprécie également son évolution et l’ambition de tendre vers le "Mangeons local !", qui est une belle initiative.
Nous pratiquons deux types de culture. Je dirai donc le tracteur pour le plein champ et le système d’arrosage au goutte-à-goutte pour nos tables. Ce système est la matrice de notre production.
La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie [1].