
Son emblématique moustache aura marqué les quatre dernières décennies de la vie judiciaire calédonienne. Le barreau de Nouméa a perdu l’un de ses visages familiers. Maître Jean-Jacques Deswarte, avocat honoraire, est décédé dimanche 5 avril, a annoncé sa famille mercredi.
Inscrit au barreau en 1987, il a effectué l’essentiel de sa carrière en Nouvelle-Calédonie. Pendant près de quatre décennies, il a exercé son métier aussi bien en matière pénale que dans des dossiers civils, commerciaux ou administratifs. Il avait notamment cofondé le cabinet Deswarte-Calmet-Chauchta, durablement implanté dans le paysage judiciaire local.
Au fil des années, il s’était imposé comme un avocat expérimenté, engagé dans des dossiers parfois sensibles. Parmi eux, celui du meurtre de la touriste japonaise Mika Kusama à l’île des Pins, en 2002. Il avait assuré à partir de 2005 la défense des frères Konhu. Il avait notamment obtenu la réouverture de la procédure, permettant un nouvel examen du dossier, avant leur acquittement en 2009.
Mais au-delà des affaires, c’est surtout l’homme et une manière d’exercer qui sont aujourd’hui salués. "Son décès survenu brutalement est un choc", réagit Maxime Guérin-Fleury, vice-bâtonnier du barreau de Nouméa, évoquant un confrère qui avait "créé et développé un cabinet de premier plan sur le territoire en matière pénale".
Ses associés insistent, eux, sur l’empreinte laissée. "Jean-Jacques Deswarte était un avocat respecté et un homme d’une immense humanité. Il a marqué plusieurs générations d’avocats et de justiciables par sa présence, son exigence et son attention sincère aux autres", témoignent Louise Chauchat et Martin Calmet. "Beaucoup d’entre nous ont grandi professionnellement à ses côtés. Il laisse une empreinte profonde au sein du barreau et bien au-delà."
Sa disparition intervient alors que l’affaire Kusama connaît de nouveaux développements, avec la récente ouverture de l’enquête. [1]
La cérémonie se tiendra vendredi 10 avril, à 14 heures, à Lyon, dans l’Hexagone, selon les indications communiquées par sa famille.