
Les premiers coups de 410 ont résonné le week-end dernier aux quatre coins du pays. La chasse aux roussettes et aux notous est ouverte depuis le samedi 4 avril sur l’ensemble des trois provinces. Comme chaque année, elle est autorisée uniquement les samedis et dimanches du mois d’avril, avec une fermeture fixée au 26 avril.
Attention, la pratique est strictement encadrée. Chaque chasseur peut prélever jusqu’à cinq roussettes et cinq notous par jour. Ces quotas sont destinés à limiter la pression sur ces espèces, qui restent fragiles. Les codes de l’environnement des trois provinces interdisent par ailleurs toute vente ou achat de ces animaux. Les prises sont réservées à un usage non commercial.
La réglementation impose également des conditions précises. La chasse est bien entendu interdite en dehors des jours autorisés et le transport des gibiers est également régulé. En province Nord, il est interdit en dehors des jours de chasse, tandis qu’en province Sud, une tolérance existe jusqu’au lundi midi suivant le week-end de chasse. Des contrôles peuvent être menés sur le terrain, notamment pour lutter contre le braconnage.
Les contrevenants s’exposent à des sanctions. Les infractions les plus courantes, comme la chasse hors période ou le dépassement des quotas, peuvent être punies d’amendes pouvant atteindre 178 000 francs. Mais en cas d’infraction plus grave, notamment en cas de revente ou de braconnage, les peines peuvent grimper jusqu’à plusieurs millions de francs, voire donner lieu à des poursuites pénales. Le matériel de chasse et les prises peuvent également être saisis.
Si ces règles sont si strictes, c’est que l’enjeu environnemental est réel. Il s’agit de préserver des espèces emblématiques de la faune calédonienne. Les roussettes jouent un rôle primordial dans la régénération des forêts, en participant à la dispersion des graines. Quant aux notous, ils sont particulièrement sensibles à la pression humaine et aux incendies, ce qui a conduit à cet encadrement renforcé de leur prélèvement.
Mais cette chasse reste aussi profondément ancrée dans les pratiques, que ce soit en Brousse ou dans les Îles. Elle s’inscrit dans des usages coutumiers et alimentaires largement répandus.
Il reste donc encore trois week-ends pour en profiter avant la fermeture prévue le 26 avril. Passé cette date, toute chasse de ces animaux redeviendra interdite.