
La Nouvelle-Zélande a demandé mardi 7 avril aux États-Unis de se préparer à déployer des pétroliers dans le Pacifique, afin de limiter les effets du conflit au Moyen-Orient, qui pèse déjà sur la région. La requête a été formulée à Washington par le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, lors d’un entretien avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
"Nous avons eu une discussion sérieuse sur la manière dont ils pourraient nous aider", a indiqué Winston Peters à la radio publique RNZ. Wellington souhaite que Washington "prépare des pétroliers supplémentaires et les envoie en Nouvelle-Zélande, afin de pouvoir redistribuer le carburant dans le Pacifique le plus rapidement possible".
Le chef de la diplomatie insiste sur la nécessité d’anticiper : "Il ne faut pas attendre que cela arrive. Il faut se préparer dès maintenant, au cas où." Il évoque par ailleurs des échanges "très positifs" avec les autorités américaines sur ce sujet.
Dans le Pacifique, de nombreux États insulaires subissent déjà la hausse des prix du pétrole, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient. Leur dépendance au diesel importé les rend particulièrement vulnérables.
Aux Tonga, environ 80 % de la production d’électricité repose sur ce carburant. Aux Samoa, cette part atteint près des deux tiers. Le mois dernier, le Premier ministre samoan, La’aulialemalietoa Leuatea Schmidt, a demandé à la Nouvelle-Zélande d’apporter un soutien en cas de rupture d’approvisionnement.
D’autres pays, comme le Vanuatu ou Kiribati, dépendent à plus de 85 % du diesel pour produire leur énergie.
Pour Wellington, l’enjeu dépasse le cadre national. "Il est essentiel que les États-Unis comprennent le coût de cette guerre, non seulement pour l’économie néo-zélandaise, mais aussi pour celles du Pacifique, dont nous avons en grande partie la responsabilité", a insisté Winston Peters.
Selon un compte rendu officiel, les deux responsables ont également évoqué les relations bilatérales et les minerais critiques. Marco Rubio a par ailleurs été invité à participer au Forum des îles du Pacifique, prévu l’an prochain en Nouvelle-Zélande.