
Dans un entretien exclusif accordé à l'AFP ce lundi 13 avril à Auckland (Nouvelle-Zélande), le président des Palaos, Surangel Whipps Jr, a indiqué que la Chine se montrait "très insistante" pour que son pays abandonne sa reconnaissance diplomatique de Taïwan.
Cet État de Micronésie fait partie des douze pays qui reconnaissent officiellement Taïwan, une île revendiquée par Pékin. Cette position a déjà placé les Palaos au cœur de tensions diplomatiques avec la Chine, qui a notamment interdit officieusement à ses ressortissants de se rendre dans l'archipel, pourtant très dépendant du tourisme.
"La Chine a très clairement fait savoir que nous devions rompre avec Taïwan", a déclaré le chef de l'État. "Nous avons répondu : nous n'avons pas d'ennemis, mais personne ne nous dit qui sont nos amis." Tout en disant comprendre la position chinoise, Surangel Whipps Jr insiste : "Ceux d'entre nous qui sont alignés sur Taïwan ont les mêmes droits que ceux qui sont alignés sur la Chine et nous devrions être traités de la même façon."
Le président a également alerté sur les effets du changement climatique, évoquant notamment l'érosion du territoire. "Il y a une île aux Palaos qui fait aujourd'hui un tiers de la taille qu'elle avait en 1980, lorsque je l'ai visitée pour la première fois", a-t-il expliqué. Il a averti que certains atolls pourraient disparaître dans les prochaines années, dénonçant une menace encore mal comprise à l'échelle internationale. "Ce que nous vivons en ce moment, c'est comme une mort lente, et nous regardons les îles disparaître", a-t-il déclaré. "Nous perdons la terre, qui est la source de notre culture."
Les Palaos doivent accueillir début septembre un événement spécial sur le climat dans le cadre de la 55e réunion des dirigeants du Forum des îles du Pacifique, en amont de la COP31 prévue cette année en Turquie.
Enfin, le président a insisté sur les conséquences économiques de la hausse des prix du pétrole, liée à la guerre au Moyen-Orient. Comme de nombreux États du Pacifique, les Palaos dépendent largement des importations de diesel, qui représente environ 70 % de leur production d'énergie. Selon lui, les prix ont fortement augmenté, avec un carburant en hausse d'au moins 50 %, pesant sur les ménages, notamment pour les déplacements quotidiens. "Cela a des répercussions sur l'ensemble de l'économie et bien sûr sur les individus et leurs moyens de subsistance", a-t-il conclu.