
Des scientifiques vont bientôt reprendre la mer pour écouter ce que les fonds marins ont à nous apprendre. Réuni ce mercredi 15 avril, le gouvernement a autorisé la société Reef Pulse [1]à mener les campagnes Aipanema 4, 5 et 6 dans le parc naturel de la mer de Corail, entre avril et septembre. Reef Pulse est une entreprise française créée à La Réunion en 2021, qui suit l’état des récifs coralliens grâce à des capteurs acoustiques.
Depuis 2025, dix capteurs ont été installés au fond de l’eau, dans trois secteurs du parc : les atolls d’Entrecastaux, les récifs des Chesterfield et ceux de l’île de Walpole. Ces appareils enregistrent en continu les sons du milieu marin.
Ces données permettent de suivre la présence des espèces et d’observer l’état des récifs. L’objectif est de mieux comprendre la fréquentation de ces zones par les tortues et les mammifères marins, mais aussi d’apporter des indicateurs sur la santé des écosystèmes.
Les trois missions prévues en 2026 doivent permettre de récupérer les données enregistrées, de remplacer les batteries et de remettre les capteurs en place pour une nouvelle année.
Ces campagnes seront menées en parallèle des missions scientifiques Megacal, sur les mêmes zones et aux mêmes périodes (lire ci-dessous). Deux approches complémentaires qui permettent d’un côté l’écoute sous-marine et de l’autre l’observation directe des espèces.
Ces missions sont le prolongement du suivi scientifique mené depuis plusieurs années dans le parc naturel de la mer de Corail, notamment sur les récifs coralliens et les monts sous-marins.
Contrairement aux campagnes Aipanema, qui reposent sur l’écoute sous-marine, les missions Megacal s’appuient sur des observations directes et des relevés en mer. Elles portent sur les volets mammifères marins et requins.
Les équipes scientifiques réalisent notamment de la photo-identification – qui permet de reconnaître des individus à partir de marques naturelles – ainsi que des prélèvements et des observations visuelles pour mieux comprendre les déplacements et le comportement de ces espèces.
Les données recueillies servent à suivre l’évolution des populations, leur répartition dans le parc naturel de la mer de Corail et leurs déplacements entre différentes zones du Pacifique.