
Mobilisation sous la pluie, ce jeudi matin, devant le Congrès [1]. Une trentaine de soignants se sont rassemblés avant l’ouverture de la séance publique consacrée notamment à des mesures très attendues par la profession.
Deux textes sont à l’ordre du jour de cette session extraordinaire, convoquée à la demande du gouvernement : un dispositif en faveur des personnels paramédicaux et du cadre de santé, et la fixation du taux directeur des dépenses hospitalières pour 2026.
Reçus en amont de la séance, les représentants syndicaux disent avoir été "entendus". "Nous avons été auditionnés pour apporter les derniers éléments d’alerte", explique Emmanuel Soria, pour l’UT-CFE-CGC et la Fédération des fonctionnaires.
Au cœur de leurs attentes, une prime de stabilité et une bonification d’ancienneté destinées à renforcer l’attractivité du secteur et à reconnaître l’expérience des agents. "Cela fait dix mois qu’on attend ce texte. Les personnels sont épuisés", insiste Emmanuel Soria.

Dans les services, les professionnels évoquent une pression continue depuis plusieurs années, entre crise sanitaire, émeutes de 2024 et sous-effectifs. "Il faut arrêter l’hémorragie", alerte le responsable syndical, qui réclame une application des mesures "dès le mois prochain".
À défaut, il prévient d’un risque accru de départs et d’arrêts maladie, avec des conséquences directes sur la prise en charge des patients les plus fragiles.
En parallèle, les élus doivent se prononcer sur le taux directeur des dépenses hospitalières. Le gouvernement propose une hausse de 2,45 % pour 2026, après deux années à taux nul, dans un contexte budgétaire compliqué.
Sur la question du financement, Emmanuel Soria renvoie la responsabilité aux élus : "Nous, on a tenu pendant les crises. Maintenant, c’est à eux de prendre leurs responsabilités."
La réponse est attendue ce matin dans l’hémicycle.