
Très jeune, déjà, Idriss Chartier accompagne son père Christophe et son grand-père Bernard, dans l’atelier du papi charcutier à Bouraké, pour confectionner des charcuteries artisanales. Des années plus tard, le 14 avril, le jeune homme est consacré meilleur apprenti charcutier de France. Pourtant, bien que passionné par le métier de son grand-père, il s’oriente d’abord vers des études de gestion. Mais la passion est la plus forte. Il intègre l’équipe de Christophe Noury, à Apogoti, puis s’envole pour le vieux continent et intègre un CAP de charcutier-traiteur. Il est alors le doyen de sa classe, lui qui n’a pourtant que 21 ans.
Probablement que les heures passées avec son grand-père dans le laboratoire artisanal ont participé à bâtir cette maîtrise. Bernard Chartier est arrivé au début des années 1970 en Nouvelle-Calédonie, avec l’armée. Il tient la boucherie Ballande à Canala de 1972 à 1975, puis intègre la société La Française à sa création. Il y reste 35 ans comme chef charcutier. "À ma retraite, j’ai monté ce petit laboratoire sur mon terrain à Bouraké. Pour la famille, les amis. On y est tous les week-ends avec mon fils et mon petit-fils", se réjouit Bernard Chartier. "On fait des produits artisanaux, sans produits chimiques, avec une cuisson au feu de bois. Rillettes, saucissons, pâtés… Je suis très fier, il m’appelle souvent, on discute sur Messenger, il me demande parfois des conseils. Je suis très heureux que mon petit-fils prenne la relève."
Pour le concours de meilleur apprenti, Idriss Chartier propose un boudin blanc, une terrine de campagne et un pâté en croûte. "Je pense que c’est la rosace au centre du pâté en croûte qui a fait la différence, raconte le jeune homme à nos confrères du Parisien. C’est un montage complexe avec une émulsion de porc mixé avec de la crème qu’il faut travailler rapidement, car cela fond très vite." Idriss suit son CAP en alternance entre le centre d’excellence des professions culinaires (Ceproc, Paris XIXe) et une charcuterie de Boulogne-Billancourt. Son patron, Kévin Galarme, assure au Parisien : "À force de travail et d’abnégation, il a appris très vite. C’est extraordinaire pour lui qu’il gagne cette récompense. Il a une vraie maîtrise technique."