
La Commission, connue sous l’acronyme Komnas HAM, a indiqué qu’au moins 12 civils avaient succombé à des blessures par balle, lors d’une "opération de maintien de l’ordre" menée mardi 14 avril par les forces armées contre le groupe séparatiste TPNPB-OPM dans le village de Kembru, au centre de la Papouasie, province située à l’extrémité est du pays. Des personnes ont également été blessées.
La Komnas HAM "mène l’enquête", a déclaré à l’AFP sa présidente, Anis Hidayah, dimanche 19 avril, ajoutant que de "forts soupçons" pèsent sur la responsabilité de soldats indonésiens.
Dans une déclaration à l’AFP ne mentionnant pas les décès, le porte-parole de l’armée Aulia Dwi Nasrullah a affirmé que quatre combattants rebelles avaient été "neutralisés" à Kembru.
Dans ce communiqué, il a ajouté que les forces armées examinaient des informations faisant état d’un enfant mort des suites de blessures par balle dans un autre village, en assurant qu'"il n’y avait aucune implication" des troupes indonésiennes dans cet incident.
La Commission avait estimé samedi, dans un communiqué, que "toute forme d’attaque contre des civils, qu’elle se produise en situation de guerre ou non, et qu’elle soit perpétrée par des acteurs étatiques ou non, constitue une violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire".
La Papouasie partage l’île de Nouvelle-Guinée avec l’État indépendant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, au nord de l’Australie. Ancienne colonie néerlandaise, la Papouasie a déclaré son indépendance en 1961, mais l’Indonésie voisine en a pris le contrôle deux ans plus tard, promettant un référendum. Ce dernier a débouché sur un vote favorable au maintien dans l’Indonésie, approuvé par les Nations unies à l’époque, mais qui a été largement considéré comme une imposture. Les militants indépendantistes papous critiquent ainsi régulièrement ce scrutin et réclament de nouvelles élections, que Jakarta rejette.