
Près de 200 personnes rassemblées, des véhicules lancés en dérapage au milieu des spectateurs en bord de route… Le week-end dernier, un rodéo urbain a mobilisé la police dans la zone industrielle de Ducos. Quatre conducteurs ont été interpellés et plusieurs voitures mises en fourrière.
Les faits se sont déroulés sur deux soirées, d’après les éléments recueillis auprès de la police. Au-delà des infractions, les forces de l’ordre insistent sur le danger que ce type de manifestation fait courir au public. "Le jour où un véhicule part dans la foule, il y aura des morts", alerte un cadre de la police. Des plaintes de riverains pour nuisances sonores ont également été enregistrées.
Dans ce genre d’affaire, les véhicules impliqués sont saisis et les conducteurs placés en garde à vue, avec des poursuites judiciaires à la clé. Les rodéos motorisés constituent un délit depuis la loi du 3 août 2018. Ils sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 1,8 million de francs d’amende, une sanction pouvant monter jusqu’à près de 9 millions en cas de circonstance aggravante, notamment si le délit est commis en réunion ou sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiant.
Mais le volet répressif ne semble pas décourager ces amateurs de glisse et de sensations fortes. Et ce genre de faits divers est souvent l’occasion d’évoquer la question des alternatives à leur proposer. Pour Alexis Barbou, président de l’association de drift Asars, il faut d’abord distinguer ces pratiques du sport automobile encadré. "Le drift, c’est du pilotage précis, sur circuit, avec des règles strictes et des véhicules contrôlés. Là, on est sur des comportements sans maîtrise, au milieu du public."
L’idée de créer des lieux dédiés est souvent avancée. Mais selon lui, elle ne suffit pas. "Des sessions existent déjà, accessibles au grand public. Mais ce n’est pas ce que recherchent ces jeunes. Ils veulent être ensemble, faire du bruit, se montrer."
Une autre piste est évoquée, celle de comprendre les attentes avant de proposer des réponses. "Peut-être qu’il faut commencer par leur demander ce qu’ils veulent vraiment", avance Alexis Barbou, qui évoque l’idée d’un travail associant institutions, acteurs du sport automobile et jeunes concernés.
En attendant, la police prévoit de renforcer sa présence sur le terrain pour lutter contre ce type de rassemblements.