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Nickel : la SLN vise un retour à la rentabilité d’ici 2029-2030
Baptiste Gouret | Crée le 21.04.2026 à 17h30 | Mis à jour le 21.04.2026 à 17h30

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La SLN espère que la reprise de son activité sur les sites miniers de la côte Est et le soutien de l’État pourra permettre à l’usine de renouer avec la rentabilité d’ici 2029-2030. Photo Archives LNC / Yann Mainguet
La hausse du cours du nickel et une accélération de la production font espérer à la direction de l’usine de Doniambo une nette amélioration financière dans les trois-quatre prochaines années. Un scénario envisageable à condition que l’accès à tous les sites miniers de la côte Est soit rétabli entre 2026 et 2027, et que l’État apporte son soutien pour faire baisser le coût de l’énergie.

Un bon niveau de production

En 2025, la SLN a produit 36 000 tonnes de nickel, soit 4 000 de plus que l’année précédente, marquée par les émeutes. Pour 2026, l’usine de Doniambo table sur une production d’environ 40 000 tonnes. Si c’est loin d’atteindre la capacité nominale (environ 60 000 tonnes) du complexe industriel, la tendance est plutôt positive, note Guillaume Kurek, directeur général de la SLN. "La production tient grâce à un effort important de nos sites miniers en fonctionnement. Nous avons fait une bonne fin d’année 2025 et un bon début d’année 2026 en termes d’économie comme de production."

À cela s’ajoute des cours du nickel en hausse, portés notamment par les restrictions prises par l’Indonésie concernant la transformation sur son sol ainsi que sa décision d’augmenter de façon unilatérale les prix du minerai sur le marché. "On sait également qu’avec l’augmentation de la demande de nickel dans le monde, les cours vont continuer de se bonifier", prévoit Guillaume Kurek. Autant d’indicateurs qui permettent de garantir d’ores et déjà aux 1 800 salariés "une perspective de maintien de l’activité jusqu’à la fin de l’année et même un peu au-delà".


Environ 280 salariés de l’usine de Doniambo étaient réunis, mardi 21 avril, au centre culturel du Mont-Dore, pour la présentation par la direction de la feuille de route 2026. Photo Baptiste Gouret

Plus optimiste encore : la direction de la SLN espère désormais un retour à la rentabilité "en 2029-2030". "Il y a encore beaucoup d’incertitudes, mais les choses évoluent rapidement", indique le directeur général, venu présenter cette feuille de route encourageante aux 280 salariés réunis mardi 21 avril dans la grande salle du centre culturel du Mont-Dore, à Boulari.

Une reprise nécessaire sur les sites de la côte Est

Reste que ce scénario ne pourra se réaliser qu’à une condition : la reprise de l’exploitation des sites miniers de la côte Est. Depuis les émeutes de mai 2024, l’accès à sept domaines miniers (dont trois à Thio) est rendu impossible par des conflits locaux. Dernier blocage en date : le centre minier de Kouaoua, le 30 mars. [1] La SLN a placé ses salariés en congés payés. Le désaccord porte notamment sur le roulage, nécessaire depuis la destruction du convoyeur La Serpentine, incendié à plusieurs reprises. La SLN a ainsi tracé une route dans la vallée qui traverse la rivière à quatre endroits. "Nous devons construire des ponts, et nous avons été confrontés à des oppositions locales le 9 mars puis le 30 mars", explique Guillaume Kurek.

Sans perspective sur la reprise des chantiers des quatre ouvrages, indispensables au maintien de l’exploitation du centre minier, "on a pris la décision de tout arrêter lors d’un conseil d’administration le 10 avril", précise le directeur général. Des sous-traitants locaux ont néanmoins été mobilisés pour poursuivre les travaux de la piste et "la semaine prochaine on mobilise l’un d’eux dédié à la construction des ponts et voir si la situation sur place s’est améliorée". En attendant, "on continue à perdre beaucoup d’argent". La SLN a déjà injecté "1,5 milliard de francs" pour maintenir son activité à Kouaoua.


Guillaume Kurek est le directeur général de la SLN. Photo Baptiste Gouret

Le directeur de la SLN a toutefois bon espoir que quatre des sept sites bloqués (Kouaoua, Kiel, Stamboul et la mine Constantine) rouvrent en 2026, tandis que les trois autres, ceux de Thio, pourraient reprendre en 2027. Cela assurerait "la création de 500 emplois" et porterait à "63 milliards de francs" le montant injecté par la SLN "dans l’économie du pays".

Nouveau soutien de l’État attendu

Dans le cadre de la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, la SLN a bénéficié d’un prêt garanti par l’État de 240 millions d’euros (28,6 milliards de francs). Une première tranche de 115 millions d’euros (13,7 milliards de francs) a déjà été versée. Le versement de la deuxième partie (15 milliards de francs) doit intervenir dans le courant de l’année. En contrepartie, la SLN s’est engagée à monter en puissance. "Nous avons présenté un plan à l’État, avec un besoin de financement qui se réduit progressivement jusqu’en 2029."

Mais d’ici là, la direction de l’usine de Doniambo espère que la question du soutien de l’État sur le coût de l’énergie sera réglée. La SLN "ne pourra jamais être rentable" sans le concours de l’État, insiste le directeur général, d’autant que le coût de l’énergie est particulièrement élevé en Nouvelle-Calédonie. Un travail serait en cours avec le gouvernement français, dans l’objectif de parvenir à un soutien financier durable, que ce soit sous la forme "d’une subvention ou d’un prix aidé afin de baisser le coût du kilowattheure".

Du minerai de KNS dans les fours de la SLN ?

En mai, la SLN va charger un minéralier avec du charbon actuellement stocké à KNS, fermée en 2024. À travers cette démarche, l’usine de Doniambo veut surtout démontrer qu’il est possible, "sans un gros investissement, de réaliser du chargement de minerai par le quai de KNS", souligne Guillaume Kurek.

Si ce premier chargement, qui a nécessité quelques travaux sur le quai, se déroule comme prévu, "la séquence d’après sera de leur acheter du minerai". Environ 200 000 tonnes extraites avant la fermeture de l’usine du Nord sont toujours stockées sur place, un minerai "très adapté à Doniambo". Une décision du conseil d’administration de KNS est encore attendue. Une fois les 200 000 tonnes écoulées, cette nouvelle relation entre KNS et la SLN pourrait "enclencher une reprise de l’activité sur mine".

Plus de 3 milliards de travaux prévus cette année 

Preuve que la SLN mise sur un maintien de l’activité à Doniambo, d’importants travaux vont être engagés cette année. Premier investissement : la réfection de la voute du four n° 10. Les travaux doivent débuter au mois de juillet. Ils représentant 1,6 milliard de francs. "Une voûte, c’est un engagement pour 10-15 ans, donc ça montre bien notre volonté de nous projeter et d’avoir un outil productif et compétitif", fait remarquer Guillaume Kurek.

Deuxième investissement déjà engagé : la construction d’un nouvel atelier d’exclusion des poussières. Celui dont dispose actuellement l’usine n’est pas suffisamment puissant et oblige à évacuer régulièrement de la poussière dans l’atmosphère en raison d’un trop-plein dans les fours. "Nous respectons une réglementation très stricte sur le sujet, mais même si nous sommes conformes, ce n’est pas satisfaisant." Le futur atelier devra ainsi absorber l’essentiel des poussières qui seront réinjectées dans les fours avec le minerai. Il devrait voir le jour en 2028. Coût total : 1,6 milliard de francs.

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