
La nouvelle campagne d’abattage de requins mené par la province Sud et la ville de Nouméa entre le 17 et le 20 avril a donné lieu au prélèvement de dix squales, révèlent les deux collectivités dans un communiqué commun, ce mercredi 22 avril. Il s’agit de cinq requins-tigres et un bouledogue, mesurant entre 2,56 m et 4,13 m et capturés "aux abords de la côte Blanche et de l’Anse-Vata".
C’est dans cette zone qu’un rameur a été attaqué, le 15 avril, alors qu’il pratiquait le va’a [1]. L’homme de 38 ans a survécu, malgré plusieurs morsures constatées. Si l’opération de prélèvements a pris fin, la ville de Nouméa rappelle que la baignade et les activités nautiques demeurent interdites "sur l’ensemble des plages, ainsi qu’à l’île aux Canards, l’îlot Maître, l’île Sainte-Marie et l’îlot Uere, jusqu’au dimanche 26 avril inclus". La baignade reste cependant autorisée dans les zones protégées par un filet, à la baie des Citrons et au Château Royal. À partir du 27 avril, les interdictions seront levées et les activités nautiques ainsi que la baignade pourront reprendre partout, "mais toujours aux risques et périls des usagers", prévient la ville.
Cette campagne de prélèvements est la deuxième menée cette année. La première avait été ordonnée [2] par la ville de Nouméa et la province Sud fin février, après la mort d’un pratiquant de wingfoil à l’Anse-Vata [3]. Dix requins avaient été prélevés en quatre jours. [4]
Des mesures justifiées, selon les autorités, "par principe de précaution", et afin de protéger "les vies humaines" qui seraient menacées par une présence importante de requins près des plages très fréquentées. Une décision prise en dépit de l’interdiction des prélèvements dits "préventifs" prononcée par le tribunal administratif en décembre 2023 [5], saisi par l’association Ensemble pour la planète (EPLP). Plus de 200 squales avaient été abattus cette année-là [6], après une série d’attaques mortelles. La juridiction avait estimé que ces opérations n’étaient basées sur aucune étude scientifique.
Le 23 février, dès l’annonce de la reprise des campagnes d’abattage, EPLP avait à nouveau saisi le tribunal administratif, mais celui-ci n’avait pas pu statuer avant la fin des prélèvements, menant à un classement sans suite de la procédure. La province Sud avait toutefois été contrainte de verser 150 000 francs à l’association "au titre des frais exposés". Un recours sur le fond a également été déposé et est en cours d’instruction par le tribunal.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/un-rameur-de-38-ans-attaque-par-un-requin-a-la-cote-blanche
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/la-province-sud-et-la-ville-de-noumea-vont-relancer-une-campagne-d-abattage-de-requins
[3] https://www.lnc.nc/article/grand-noumea/noumea/faits-divers/un-homme-meurt-apres-une-attaque-de-requin-pres-de-la-plage-du-chateau-royal
[4] https://www.lnc.nc/article/environnement/campagne-d-abattage-de-requins-dix-squales-preleves-en-quatre-jours
[5] https://www.lnc.nc/article/environnement/justice/grand-noumea/noumea/le-tribunal-administratif-interdit-les-campagnes-d-abattage-de-requins
[6] https://www.lnc.nc/article/grand-noumea/noumea/environnement/infographies-plus-de-200-requins-ont-ete-abattus-a-noumea-depuis-le-debut-des-prelevements
[7] https://www.lnc.nc/user/password
[8] https://www.lnc.nc/user/register
[9] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements