
Les livres passent de mains en mains, sous le faré de l’école Edmond-Desbrosse de Kaméré, ce lundi matin. Les quelques dizaines d’élèves et de collégiens réunis pour l’occasion s’arrêtent sur la couverture des ouvrages et parcourent quelques pages, intrigués. Le genre de scènes que le gouvernement et le vice-rectorat espèrent voir se multiplier dans les établissements du premier et du second degré.
Parmi les solutions pour y parvenir : le déploiement de Récréalivres, un nouveau dispositif consacré à la littérature jeunesse, officiellement lancé ce lundi 27 avril par la Direction de l’enseignement en Nouvelle-Calédonie.
Dédié aux élèves de la grande section à la 6e, y compris ceux des classes spécialisées (Clis et Segpa), il consiste à la mise à disposition de livres jeunesse sélectionnés par les services du gouvernement et offerts aux établissements, sur lesquels ils travailleront jusqu’à la fin de l’année. Huit ouvrages ont été choisis (lire par ailleurs), sur la base d’une série de critères, et répartis par niveau. Un programme "ambitieux", estime l’exécutif, qui en fait le successeur assumé de "Livre, mon ami", opération de littérature jeunesse stoppée en 2025 après la disparition, faute de subventions, de l’association éponyme fondée en 1997.

L’ambition est la même : "développer le goût de la lecture chez les plus jeunes" afin, notamment, de "prévenir l’illettrisme", expose Christelle Vernay. "Cela fait pleinement partie du plan lecture porté par le gouvernement", note la directrice de l’enseignement. Selon les dernières données disponibles, qui remontent à 2017, 18 % des Calédoniens de 16 à 65 ans souffriraient d’illettrisme.
Si le lancement officiel a eu lieu ce lundi, le travail a, en réalité, débuté dès le mois de mars. Un exemplaire par classe a été distribué il y a un peu plus d’un mois. Outre la lecture de l’ouvrage, des jeux, des créations artistiques et des rencontres seront organisés tout au long de l’année.
"Il s’agira également de développer les liens intergénérationnels", signale Christelle Varney. À l’image de ce lundi matin, les travaux réuniront régulièrement des classes du premier et du second degré. Surtout, des lectures partagées en Ehpad sont inscrites au programme de Récréalivres, ainsi que des rencontres avec les familles des élèves engagés dans le dispositif.

Au total, la Nouvelle-Calédonie a financé l’acquisition de 5 000 livres. Le dispositif concerne "environ 30 000 élèves", indique Christelle Varney, direction de l’enseignement de la Nouvelle-Calédonie. À la fin de l’année scolaire, "on aimerait organiser une Semaine de la lecture pour concrétiser et valoriser les actions menées".