
La question des approvisionnements énergétiques et du blocage du détroit d'Ormuz a été présenté comme figurant une priorité des dossiers de Penny Wong lors de sa tournée, cette semaine, au Japon, en Chine et en Corée du Sud. L'Australie, comme d'autres pays d'Asie et du Pacifique, subit les répercussions de ce blocage, mais aussi des restrictions imposées par la Chine à ses exportations de différents combustibles comme le kérosène et l'essence.
La Chine est le premier pays importateur de brut au monde, mais elle exporte aussi des quantités considérables de produits pétroliers vers un certain nombre de pays d'Asie et du Pacifique, dont l'Australie. Or Pékin a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations pour privilégier les besoins intérieurs, avait rapporté l'agence Bloomberg début mars, une semaine après le début de la guerre au Moyen-Orient.
"Je confirme que le gouvernement chinois s'emploie à faciliter les contacts avec les entreprises australiennes sur la question du kérosène", a déclaré Penny Wong, mercredi soir, lors d'une conférence de presse, sans vouloir apporter de détails.
"C'est un pas important. Cependant, ce n'est que le premier pas", a-t-elle ainsi souligné, après des rencontres dans la journée avec son homologue chinois Wang Yi et le vice-président chinois Han Zheng. Penny Wong dit avoir plaidé pour une réciprocité commerciale, laissant entendre qu'une fourniture stable à la Chine par l'Australie de matières premières et de denrées alimentaires exigeait dans l'autre sens des livraisons continues d'essence, de kérosène et d'engrais.
"J'ai souligné que les importations que la Chine fournit à l'Australie, notamment le kérosène, soutiennent le secteur australien des ressources, et que ce dernier, en retour, contribue à maintenir le flux des marchandises qui sont essentielles à notre relation commerciale bilatérale", a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse.
La Chine se prépare à reprendre en mai ses exportations de kérosène, d'essence et de diesel, a écrit ce mardi 28 avril le Financial Times. Les grandes compagnies pétrolières étatiques ont déposé à cette fin des demandes de permis d'exporter, indique le journal, citant plusieurs sources dans le secteur. Les autorités chinoises ne se sont pas exprimées publiquement sur le sujet.