
La tension est montée d’un cran, ce jeudi 30 avril, devant le siège de la Cafat. Réunis à l’appel de l’Usoenc, une cinquantaine de militants sont venus dénoncer une méthode jugée "contraire à l’esprit du paritarisme". Au cœur du conflit, la procédure de nomination du futur directeur général de la caisse [1]. Une contestation également relayée par la Fédération des fonctionnaires, qui a adressé un courrier au président du gouvernement daté du 28 avril.
Dans ce document, le syndicat pointe une "absence de dialogue social" et affirme que les démarches ont été engagées "sans la moindre concertation avec le conseil d’administration de la Cafat". Il rappelle qu’une demande d’audience formulée dès le 15 avril "demeure sans suite" à ce stade, et estime qu'"une concertation minimale s’impose", y compris sur le calendrier et l’examen des candidatures. La Fédé évoque également des "doutes quant aux garanties de neutralité et de transparence" entourant la procédure.

"On ne peut pas nommer quelqu’un sans consulter le conseil d’administration", martèle Alexis Falematagia, secrétaire général adjoint de l’Usoenc, à la sortie d’une réunion avec l’exécutif, en l’occurrence le président, Alcide Ponga, et le porte-parole, Christopher Gygès. Le syndicat réclame "la suspension du recrutement" pour "reprendre le processus en bonne et due forme", dans un cadre qu’il veut "consensuel" entre partenaires sociaux et gouvernement. "On ne défend pas une personne, on défend le paritarisme", insiste le syndicaliste.
En toile de fond, le profil du futur dirigeant pose également question. Le nom de Thomas De Deckker, directeur général de l’OPT-NC, circule pour succéder à Xavier Martin, actuel directeur général de la Cafat, dont le mandat court jusqu’au 31 décembre 2026, mais sans annonce officielle à ce stade. Interrogé, Christopher Gygès se refuse d’ailleurs à toute confirmation, au nom du respect de la procédure. "Le gouvernement propose au conseil d’administration et je ne communiquerai pas de nom avant qu’il se soit prononcé", insiste-t-il.
Le membre du gouvernement maintient également que la procédure est conforme aux statuts. "Le directeur est nommé par le gouvernement après avis du conseil d’administration", rappelle-t-il, en évoquant un processus classique : appel à candidatures, jury, puis consultation du conseil d’administration "dans les prochains jours", avant une nomination par arrêté.
Quant au calendrier de cette nomination, un mois avant les élections provinciales, il est également assumé. Pour l’exécutif, il s’agit d’anticiper, dans un contexte de recrutement "de plus en plus difficile". Attendre après les élections reviendrait, estime Christopher Gygès, à "nommer un directeur à la va-vite".
Mais le désaccord semble dépasser le cadre de la seule procédure. "La Cafat, ce n’est pas un État dans l’État", insiste le membre du gouvernement, qui rappelle le poids du financement public dans l’équilibre des régimes sociaux. Il évoque par ailleurs un "manque de transparence" de la direction actuelle vis-à-vis de l’exécutif.
Des arguments qui n’ont pas eu l’air de convaincre les syndicats, qui dénoncent une décision "unilatérale" et un risque de rupture avec les pratiques historiques de concertation. La mobilisation "maîtrisée" de ce jeudi matin pourrait bien "monter d’un cran" si ses demandes ne sont pas entendues, prévient ainsi l’Usoenc.
Le conseil d’administration de la Cafat doit être reçu en début d’après-midi par le gouvernement.