
Manon Mondin : Oui. J'ai commencé à travailler dès mes 16 ans. Au début, c'était pour aider, mais j'y ai vite pris goût. En revanche, j'ai aussi compris que je ne voulais pas dépendre de patrons. J'ai toujours su que je voulais entreprendre. Je veux apprendre. Je commence petit parce que je veux connaître tous les aspects du métier : comptabilité, ressources humaines, relation client… Je pense que, si je veux donner des ordres à un employé, je dois être capable de faire son travail.
J'adore cuisiner. J'avais plusieurs idées, mais je ne savais pas par où commencer. Puis j'ai découvert les corn dogs sur TikTok. J'ai testé chez moi, et je me suis dit que c'était simple à faire et potentiellement rentable. À l'époque, ça n'existait pas en Calédonie.
C'est une spécialité sur bâtonnet, avec une saucisse ou de la mozzarella, enrobée d'une pâte, puis frite. C'est du snacking.

Le programme Pépite de l'université m'a apporté un vrai cadre. Deux fois par semaine, on travaillait sur notre projet avec des cours de marketing, de gestion et de pitch. Ça m'a surtout obligée à avancer et à structurer mes idées. J'ai également remporté le deuxième prix, ce qui m'a permis d'obtenir 240 000 francs, mais le vrai moteur au quotidien reste ma mère. Elle m'a toujours encouragée, surtout moralement, dans les moments de doute.
Au total, près de 4 millions de francs. J'avais déjà économisé environ un million en travaillant depuis mes 16 ans.
J'ai lancé une cagnotte en ligne à laquelle ma famille et mes amis ont participé, ce qui m'a permis de récolter près de 200 000 francs. Leur soutien m'a beaucoup touchée. Ensuite, j'ai surtout dû me débrouiller, faire des choix et des concessions en réduisant certaines dépenses, notamment en communication, ou encore en matériel pour pouvoir avancer. Aujourd'hui, ce sont mes clients qui font vivre le projet et me donnent envie de continuer.
Oui, dès le départ. J'ai acheté un camion à 1,9 million, mais il était en mauvais état. J'ai dû payer des réparations importantes. Quand j'ai contacté le vendeur, il m'a dit qu'il était en Thaïlande et que ce n'était pas son problème. J'ai donc dû trouver des solutions par moi-même
Si ! Par exemple, j'ai appris seulement une semaine avant de commencer que je devais obligatoirement me fournir auprès de grossistes. Cela coûte beaucoup plus cher que d'acheter localement ou en magasin, surtout parce que j'achète en petite quantité. C'est frustrant, car mon objectif initial était de travailler avec des producteurs locaux. Mais c'est ce genre d'imprévu qu'il faut apprendre à gérer au quotidien. Et ce n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres défis à relever.
Oui. Je ne prends pas de salaire, c'est difficile, mais j'apprends énormément. Et surtout, je construis quelque chose qui est vraiment à moi.
