
Six ans après la pandémie de Covid-19, le monde entier suit de près l’émergence de l’hantavirus Andes, qui a causé la mort de trois passagers à bord du navire de croisière du MV Hondius. Un bateau qui naviguait dans l’océan Atlantique au départ d’Ushuaïa, au sud de l’Argentine, lorsque plusieurs personnes ont contracté la maladie, dont trois en sont mortes.
Si l’OMS (Organisation mondiale de la santé) tente d’endiguer l’émergence d’une épidémie de vaste ampleur, c’est parce que la variante de ce virus détectée à bord du Hondius, est une souche rare qui peut se transmettre entre êtres humains avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines. Par ailleurs, elle est statistiquement beaucoup plus mortelle, dans environ 30 à 40 % des cas, que le coronavirus, même si les spécialistes assurent qu’elle est bien moins transmissible.
Alors que la fin du cauchemar semble se profiler pour les 150 passagers et l’équipage à bord, un nouveau casse-tête sanitaire a lieu pour l’accueil des ressortissants dans leur pays d’origine depuis les îles Canaries (Espagne), qui ont autorisé leur débarquement, à Tenerife. Une course contre la montre est également engagée pour retrouver et retracer l’ensemble des cas contact potentiels des passagers ayant quitté le navire avant l’identification formelle de la maladie.
Outre les nombreux passagers, majoritairement originaires d’Amérique du Nord et d’Europe (dont cinq Français), six d’entre eux doivent également regagner l’Australie. Alors que chaque pays est libre d’organiser ses propres protocoles d’accueil, Canberra a décidé d’isoler pour au moins trois semaines ces six passagers, a annoncé le gouvernement ce lundi 11 mai.
Parmi ces personnes, quatre disposent de la nationalité australienne, une autre de la résidence permanente et une dernière de la nationalité néo-zélandaise. Aucun de ces passagers ne présente de symptôme de l’hantavirus, contre lequel n’existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Ils doivent rejoindre prochainement depuis les Canaries espagnoles une base aérienne du sud-ouest de l’Australie, adjacente au centre de quarantaine de Bullsbrook, construit durant la pandémie de Covid-19 en périphérie de Perth, a indiqué le ministre de la Santé Mark Butler en conférence de presse. Le gouvernement n’a pas encore défini la marche à suivre après ces 21 jours.
Selon nos confrères de Radio 1 [1], la Polynésie française est également concernée par le virus. Une ressortissante américaine identifiée comme cas contact d’Hantavirus a transité par Tahiti puis Mangareva le 7 mai, sans que les autorités locales n’en aient été informées. Si la voyageuse ne présente aucun symptôme et demeure isolée en quarantaine à Pitcairn par mesure de précaution, il a été décidé de lui interdire tout nouveau transit par le fenua tant qu’un risque sanitaire subsistera, a annoncé le gouvernement.
Il est à noter que les passagers du même vol que cette femme américaine, arrivés de San Francisco, ne sont pas considérés comme cas contacts. D’après l’OMS, le virus est situé à deux niveaux de la chaîne de transmission. Le risque de contamination est alors estimé très faible et le dépistage pour ces personnes n’est pas nécessaire. La situation fait l’objet d’un suivi sur les cinq prochains jours, le temps d’observer l’évolution de l’état de santé de la personne concernée.
Dans un communiqué diffusé lundi 11 mai, le gouvernement se veut avant tout rassurant pour le Caillou, "suivant avec attention" néanmoins la situation relative au virus Andes.
L’exécutif précise qu’à ce stade, "la Nouvelle-Calédonie n’est pas concernée par l’itinéraire du navire ni par la recherche de personnes contacts liées à cette croisière ; qu’aucun cas n’a été signalé sur le territoire et aucun lien établi avec la situation signalée en Polynésie française ; qu’aucune restriction de voyage ou de commerce n’est recommandée." Les autorités poursuivent : "la surveillance sanitaire aux frontières reste assurée, conformément aux procédures habituelles. Les recommandations seront adaptées si l’évolution de la situation le nécessite."
L’un des cinq Français rapatriés du MV Hondius, dimanche 10 mai, par avion de Tenerife aux Canaries, présente des symptômes, si bien qu’ils ont tous été placés "en isolement strict jusqu’à nouvel ordre". Ce patient "a présenté des symptômes dans l’avion de rapatriement", qui a atterri dans l’après-midi à l’aéroport du Bourget, près de Paris, a annoncé sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu. Selon un décret publié dans la nuit au Journal officiel, les cinq personnes ayant séjourné à bord du MV Hondius sont placées "en quarantaine" le temps d’une "évaluation médicale et épidémiologique". "À l’issue de cette évaluation, elles sont maintenues en quarantaine ou placées à l’isolement, pour une durée totale de 42 jours", est-il précisé.
Les personnes ayant été en contact avec un passager ou tout individu infecté ou présentant un risque sérieux d’infection pourront également se voir soumise à des mesures de quarantaine ou d’isolement en cas de crainte sérieuse de contamination, d’après le décret.
Quelques minutes après leur atterrissage, les cinq Français rapatriés ont quitté l’aéroport du Bourget dans un convoi de cinq fourgons du Service d’aide médicale d’urgence (Samu) pour arriver à l’hôpital Bichat à Paris.
Dimanche matin, les ministères de la Santé et des Affaires étrangères avaient indiqué dans un communiqué qu’en cas d’apparition de symptômes chez une personne suivie, "celle-ci sera immédiatement reclassée comme cas suspect" et intégrée à une procédure prévoyant "une évaluation spécialisée, puis une prise en charge sécurisée dans un établissement de santé de référence".