
Au milieu des gants de boxe, des éclats de rire et des coups de pied sur les sacs de frappe, les enfants ont rapidement pris possession des lieux, mercredi 13 mai, à la salle Mozart, dans le quartier des Jacarandas, à Dumbéa. "J’habite juste là-haut", glisse Alice, 8 ans, déjà habituée des entraînements avec ses amis du quartier.
Inaugurée officiellement par le Comité territorial olympique et sportif (CTOS), le Fonds social de l’habitat (FSH), l’État et la mairie de Dumbéa, cette salle sportive de proximité s’inscrit dans le programme "Du sport dans mon quartier". L’objectif : proposer des activités gratuites directement au pied des résidences, sans contrainte de transport ni de coût pour les familles. Les licences sportives et les certificats médicaux sont également pris en charge par le dispositif, afin de lever les principaux freins à la pratique.
"Aujourd’hui, ce qu’on veut, c’est que le sport soit démocratisé et au plus proche des pratiquants, résume Christophe Dabin, président du CTOS. L’objectif est d’avoir le plus grand nombre de jeunes qui pratiquent une activité physique régulière."

Le FSH a mis à disposition les locaux et accompagné leur réhabilitation dans plusieurs quartiers de Dumbéa. "Ce sont des espaces de vie et de partage, insiste Karl Hiro, président du conseil d’administration du FSH. Les jeunes y apprennent le respect, la discipline et l’esprit d’équipe."
La salle Mozart, dédiée à la boxe éducative et aux arts martiaux, a été réhabilitée après avoir été dégradée à deux reprises en 2024. Un symbole fort, deux ans après les émeutes du 13 mai. "Nous n’inaugurons pas seulement des équipements sportifs, mais des lieux de reconstruction et d’espérance", a souligné Arnaud Lauzier, secrétaire général adjoint du haut-commissariat.
Avant même son inauguration, le site accueillait déjà plusieurs dizaines de jeunes chaque semaine. À la salle Bambou, ouverte depuis un an à Koutio, le constat est similaire. "Auparavant, c’était surtout des tout-petits qui venaient. Aujourd’hui, la salle attire aussi des jeunes aux profils un peu plus difficiles, observe Cynthia Jan, maire de Dumbéa. C’est un vrai outil d’insertion et de reconstruction du lien."

Pour les porteurs du projet, l’enjeu dépasse largement la seule pratique sportive. "Ce sport de proximité permet d’occuper les jeunes, mais aussi de leur apporter des règles et le respect de l’autre", insiste Christophe Dabin. Selon le CTOS, plus d’une centaine de jeunes fréquentent déjà les deux salles de quartier ouvertes à Dumbéa.
Le dispositif repose sur ces deux salles opérationnelles, à Koutio et aux Jacarandas. Une troisième structure existe également à Apogoti, mais le CTOS cherche encore des éducateurs sportifs pour pouvoir y développer durablement des activités.
