
Le Vanuatu est désormais prêt à signer un accord de coopération majeur avec l’Australie après l’avoir renégocié, a déclaré mardi 19 mai le Premier ministre, Jotham Napat, devant le Parlement local.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, s’était rendu au Vanuatu en septembre dans l’espoir de signer l'"Accord de Nakamal", d’un montant de 500 millions de dollars australiens (environ 36,5 milliards de francs), visant à renforcer les liens en matière d’économie et de sécurité, mais la cérémonie avait été annulée à la dernière minute en raison des inquiétudes exprimées par certains parlementaires locaux.
Le Vanuatu mène une politique étrangère de non-alignement depuis son indépendance de la France et du Royaume-Uni en 1980, et défend une position d'"ami de tous et ennemi de personne" alors que la Chine, l’Australie et les États-Unis se disputent l’influence sur ces îles du Pacifique stratégiquement situées.
"Le Conseil des ministres a enfin donné son feu vert", a déclaré Jotham Napat lors d’une session parlementaire mardi 19 mai.
Il a précisé que l’accord avec l’Australie n’était pas un pacte de sécurité, mais qu’il contenait une clause de sécurité dans laquelle le Vanuatu s’engageait à ne laisser aucune force extérieure pénétrer sur son territoire.
L’Australie se méfie de la présence policière chinoise dans les îles Salomon voisines et a conclu une série de traités avec Tuvalu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Nauru afin de freiner l’avancée de Pékin dans la région en matière de sécurité.
Jotham Napat a indiqué qu’une autre clause de l’accord initial, exigeant que le Vanuatu sollicite l’accord de l’Australie pour tout projet d’infrastructure critique, avait été supprimée car elle était considérée par le Vanuatu comme "portant atteinte à notre souveraineté".
Le gouvernement australien n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. La Chine est l’un des principaux créanciers du Vanuatu et des entreprises chinoises ont construit son Parlement ainsi que plusieurs autres bâtiments publics.
Un autre accord en cours de négociation entre le Vanuatu et la Chine porte sur un programme de coopération qui n’a "rien à voir avec la sécurité", a précisé le Premier ministre vanuatais.