
La promesse "surprise" des pays du "Quad" (États-Unis, Inde, Japon et Australie) de construire un port aux îles Fidji permet d’espérer un soutien à un ambitieux projet de relocalisation du port de la capitale, Suva, s’est félicité mercredi 27 mai le directeur des ports fidjiens.
Mardi 26 mai, une rencontre des ministres des Affaires étrangères du Quad en Inde a débouché sur la promesse de construire un port "modèle" aux Fidji, une annonce qui intervient sur fond de rivalité avec la Chine dans cette région stratégique.
"Si c’est un projet du Quad, ce sera un méga-projet, très probablement le port de Suva", a commenté auprès de l’AFP Suresh Prasad, le directeur général par intérim de l’agence portuaire fidjienne, parlant d’une annonce "surprise". Le projet pourrait coûter plus d’1,5 milliard d’euros (179 milliards de francs).
En 2023, le Premier ministre des Fidji, Sitiveni Rabuka, avait présenté au président chinois Xi Jinping son projet pour relancer le port et la construction navale locale.
Une centaine de navires de pêche chinois sillonnent l’océan Pacifique à partir d’une base située au port fidjien de Suva, qui abrite également la base navale du pays et accueille parfois le navire chinois de surveillance spatiale et de missiles Yuan Wang 7.
En 2024, l’Australie, qui observe avec suspicion les ambitions de Pékin dans le Pacifique, a alors cherché à bloquer un investissement portuaire chinois et accepté de travailler avec les Fidji sur la rénovation des quais, sans qu’aucun engagement ne soit pris sur le déplacement du port de Suva.
L’agence portuaire, qui appartient à 41 % au gouvernement fidjien, a ensuite discuté avec des responsables américains d’une rénovation du port pour 181 millions de dollars (18,5 milliards de francs) et de sa relocalisation pour 1,82 milliard de dollars (186 milliards de francs).
Ces derniers mois, le secrétaire d’État adjoint des États-Unis Christopher Landau ainsi que d’autres responsables américains se sont succédé aux Fidji, en février puis en avril, pour discuter du financement de projets portuaires, sans confirmer quels projets les États-Unis soutiendraient, selon le directeur de l’agence portuaire fidjienne.
Lundi, le Premier ministre fidjien a finalement indiqué au Parlement que les Fidji avaient conclu un accord pour une étude de faisabilité avec la Millennium Challenge Corporation (MCC), le fonds américain qui subventionne la construction d’infrastructures dans les pays les plus pauvres.
Les Fidji devraient conclure un accord de financement avec le MCC, a-t-il ajouté, soulignant qu’il s’agirait de subventions, et non de prêts.
Le pays du Pacifique doit encore 109 millions de dollars (11,2 milliards de francs) aux banques publiques chinoises pour des projets de construction de routes et d’autres infrastructures réalisés il y a dix ans, selon les données officielles.