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Comment éviter l’effondrement de la route de la Corniche au Mont-Dore ?
Anthony Tejero | Crée le 11.06.2026 à 18h00 | Mis à jour le 11.06.2026 à 18h00

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Entre La Coulée et le Vallon-Dore, le talus de bord de route s’effrite dangereusement. Le chantier de revégétalisation de la rive a été présenté aux partenaires et institutions, le jeudi 4 juin. Photo Anthony Tejero
Grignotant de plus en plus la rive, la mer s’est dangereusement rapprochée d’une portion de la route de la Corniche, entre La Coulée et le Vallon-Dore, au Mont-Dore. Pour éviter l’effondrement de cet axe provincial, un chantier de revégétalisation vient de s’achever. Encore faut-il que l’initiative, qui a le mérite de proposer une solution dans l’urgence, prouve son efficacité dans le temps, alors que le financement de suivi du dispositif n’a pas été anticipé.

Déjà soumis aux conditions incertaines de circulation sur la RP1, les Mondoriens du Sud devront-ils d’ici quelques années composer avec une nouvelle fermeture de route ? Mais du côté de La Corniche cette fois-ci, entre La Coulée et le Vallon-Dore. Dans ce secteur, la mer ne cesse de gagner du terrain, grignotant le talus qui menace de plus en plus cet axe provincial (RP2).

C’est pourquoi la zone fait l’objet d’une attention particulière, notamment depuis l’an dernier, où un chantier de lutte contre l’érosion côtière jugé urgent a été mis en place avant qu’il ne soit trop tard. Moins visibles que ceux menés entre la promenade Pierre-Vernier et le parc urbain de Sainte-Marie, à Nouméa, ces travaux portés et financés par l’initiative Kiwa Pebacc + *, reposent sur le même principe simple : la mise en place de solutions fondées sur la nature. En clair, plusieurs strates de végétation sont plantées pour tenter de freiner, si ce n’est stopper, ces glissements de terrain.

Montée des eaux et fortes pluies

"Le risque d’un effondrement de la route est identifié, car le bord de l’axe est accroché à un remblai qui est en train de s’éroder face à deux phénomènes : la montée des eaux et donc la force des vagues qui viennent saper le bord du talus, mais aussi les fortes pluies qui viennent entraîner l’érosion de ces sols, résume Thibaut Bizien, chargé de mission au sein de Caledoclean, qui a piloté ce projet. L’avantage de s’appuyer sur ces solutions fondées sur la nature pour résister aux effets du changement climatique, c’est que ce sont de petites actions simples, peu coûteuses, facilement reproductibles et donc facilement appropriables par les Calédoniens."

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Dans le détail, ce chantier de confortement côtier contient quatre strates différentes : tout d’abord des plantations de différentes essences locales sur plusieurs niveaux : du haut du talus jusqu’au bord de mer, permettant notamment un ancrage racinaire profond pour stabiliser le sol.


Des essences natives comme le faux manguier ou le vétiver, réputé pour son système racinaire profond, ont été plantées de bas en haut au niveau du talus de la route de la Corniche. Photo Anthony Tejero

À ces espèces locales natives, deux autres opérations ont été menées en complément en contrebas : la construction de barrières en fascines de coco et en bois de gaïac et la création de cordons pierreux au pied du talus. L’objectif est double : là encore protéger la rive des vagues, mais aussi contenir et retenir la terre lorsqu’elle s’effrite sous l’effet des précipitations. Ces installations permettent en outre de recueillir les matières organiques charriées par la mer, ce qui aide à conforter la base du talus.

Cette initiative, qui redonne un coup de pouce à la nature, est donc la dernière chance de restaurer la zone, avant de devoir mener de lourds travaux pour sauver la route provinciale n° 2 comme ce fut le cas en 2022, un peu plus loin sur ce même axe, entre les quartiers du Mont-Dore Sud et de Plum, où plusieurs glissements de terrain avaient mis en péril la promenade piétonne, temporairement fermée. Un important chantier de soutènement avait alors été opéré [2], à l’aide d’une foreuse pour un montant de plus de 250 millions de francs, financée par la Maison bleue et l’État.


En 2022, des travaux de confortement du talus de la route de la Corniche ont été menés entre Plum et le Mont-Dore Sud. Photo Archives LNC / Baptiste Gouret

Un scénario que les institutions veulent évidemment éviter, à commencer par la mairie, qui a participé à la visite de fin de chantier de confortement de la rive, le 4 juin. "L’aspect positif de cette initiative est que cela a permis de donner l’alerte aux collectivités, au vu du danger qui pèse à court terme sur cette portion de route, tout en proposant des solutions alternatives à d’importants travaux, confirme la première magistrate Nina Julié, qui pointe néanmoins certaines limites sur l’efficacité à plus long terme de ce chantier.

"Qui va payer pour le suivi ?"

"Je regrette que les fonds finançant le projet, qui viennent de l’extérieur, n’aient pas été prévus et budgétés pour assurer le suivi de ces plantations. En tant qu’institutions, on se sent mis devant le fait accompli, poursuit-elle. Les solutions fondées sur la nature, c’est bien, mais qui va payer pour en assurer la gestion ? Sachant qu’on parle d’une dizaine d’années pour que cela consolide bien le talus. Or, je ne sais pas si on dispose d’autant de temps, au rythme où le niveau de l’eau continue de monter."

Dans ce contexte, la maire, par ailleurs élue à la province (et candidate pour la prochaine mandature), n’exclut pas devoir solliciter la Maison bleue d’ici quelques années, pour recourir à l’enrochement, comme ce fut le cas entre Plum et le Mont-Dore Sud. Mais d’ici-là, et pour tenter de donner sa chance à ce projet de revégétalisation, la solution pourrait se trouver du côté de l’État, à travers son plan de relance [3]. "Un volet de cette enveloppe concerne les chantiers en lien avec le changement climatique, rappelle Nina Julié. J’ai déjà demandé à la province Sud de porter à candidature des projets de ce type. Une réflexion pourrait donc être menée pour bénéficier d’un financement intégral de suivi sur le long terme de cette initiative."

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