
Le rejet, vendredi 12 [1] juin par le juge des référés, du recours déposé par l’Union calédonienne [1] contre le regroupement des 57 bureaux de vote de Nouméa en neuf lieux lors des élections provinciales du 28 juin "ne règle rien pour les électeurs des quartiers populaires", réagit le parti indépendantiste, dans un communiqué signé de son secrétaire général, Dominique Fochi, et diffusé ce lundi 15 juin.
Pour le parti, qui soutient la liste unitaire du FLNKS en province Sud conduite par Johanito Wamytan, cette organisation mise en place lors des législatives de 2024, alors que le pays était encore en proie aux violences, n’est plus justifiée par un contexte d’exception et entraîne une inégalité d’accès au vote.
L’Union calédonienne souligne, dans son communiqué, que le juge des référés ne s’est pas prononcé sur le caractère légal de ce regroupement, mais a "uniquement considéré que la condition d’urgence […] n’était pas remplie à quelques jours du scrutin". Le dossier sera en effet jugé au fond, c’est-à-dire sur tous ses aspects, en juillet.
Pour autant, l’ordonnance d’Hubert Delesalle, président du tribunal et rapporteur, invoque plusieurs arguments, notamment l’expérience des élections municipales des 15 et 22 mars, où une organisation similaire "n’a pas empêché une participation plus élevée qu’à celles de 2020, où aucun regroupement n’avait été opéré, quand bien même le contexte de pandémie qui prévalait doit être pris en compte".
Une analyse que ne partage pas l’UC. "Les données de participation disponibles font apparaître une abstention particulièrement marquée dans les quartiers populaires de l’agglomération — Rivière-Salée, Kaméré, Montravel, Vallée-du-Tir — où les électeurs sans moyen de transport individuel sont les plus nombreux." Malgré le réajustement à la marge de la municipalité, "des électeurs devront parcourir jusqu’à 4 km pour rejoindre leur lieu de vote", déplore l’Union calédonienne, évoquant en premier lieu "les personnes âgées, les femmes enceintes et les familles sans véhicule".
En attendant le jugement au fond, le parti dirigé par Emmanuel Tjibaou annonce avoir déposé un "référé-liberté contre la commune de Nouméa, la société Tanéo et le haut-commissaire de la République, afin d’obtenir la mise en place d’un service de navettes le dimanche 28 juin 2026", jour du scrutin provincial. Il appelle également les électeurs des quartiers populaires, principaux concernés par l’absence de transports, à s’organiser collectivement pour exercer leur droit de vote.
La question de la participation devrait en effet s’avérer cruciale pour ces élections, qui vont redessiner le paysage politique calédonien et les rapports de force pour la suite des négociations sur l’avenir institutionnel. L’UC ne s’y trompe pas : les provinciales "constituent un levier pour faire valoir l’accord de Kanaky comme l’ultime phase de transition vers le statut définitif de Kanaky".