
Lundi 15 juin, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, référence du marché mondial, lâchait 4,84 % à 83,10 dollars. Celui du WTI, référence américaine, perdait 5,73 % à 80,02 dollars.
Washington et Téhéran sont parvenus à un accord pour mettre fin "de façon immédiate et permanente" à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban, a annoncé lundi 15 juin le médiateur pakistanais, le Premier ministre Shehbaz Sharif, ce que les États-Unis et l’Iran ont confirmé dans la foulée.
"L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé", a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social, quelques minutes après l’annonce pakistanaise, affirmant "la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain". La circulation dans ce passage stratégique, par où transite d’ordinaire un cinquième du pétrole brut mondial, était largement paralysée depuis le début du conflit fin février, ce qui a entraîné une flambée des cours de l’or noir.
Le protocole d’accord avec les États-Unis prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban", a déclaré sur la télévision d’État le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. Une cérémonie de signature aura lieu le vendredi 19 juin à Genève, a de son côté précisé sur X le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé de la guerre au Moyen-Orient.
Les négociations sont censées débuter dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif, portant notamment sur la levée des sanctions contre l’Iran, la question du nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d’un mécanisme de suivi" des engagements pris. Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
"C’est le genre de nouvelle qui ne passe pas inaperçue à l’ouverture des marchés : cela ouvre la voie à une prise de risque (sur les cours), aussi fragile que puisse s’avérer cette déclaration en fin de compte", a commenté Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management. "Les marchés ont avant tout retenu une chose : la prime de risque liée au détroit d’Ormuz est en train d’être réévaluée", explique-t-il, tout en prévenant qu’un retour à la normale dépendra du déminage et de la confiance dans la sécurité maritime. "Avant le conflit, environ 140 navires transitaient chaque jour par le détroit. Le trafic s’est amélioré, mais reste bien en deçà de la normale. Une véritable réouverture aurait donc un impact immédiat : elle réduirait l’incertitude pour les transporteurs, apaiserait les marchés de l’assurance […] et permettrait de commencer à réduire la prime de risque liée au conflit", avait-il déjà estimé dimanche.
La prudence pourrait néanmoins se réinviter sur les marchés, dans l’attente d’éclaircissements. "Si l’annonce de cet accord constitue assurément une bonne nouvelle pour l’économie mondiale et pour l’Asie, sa pérennité et sa viabilité dépendront, entre autres, des détails des conditions négociées, qui n’ont pas encore été dévoilés", avertit Michael Wan, analyste de la banque MUFG. "Des points de divergence subsistent, notamment concernant l’ampleur de l’aide financière dont bénéficierait l’Iran", ajoute-t-il.
Les marchés boursiers se sont envolés en Asie dans la foulée de l’accord, les investisseurs se montrant soulagés par la perspective d’un reflux durable des prix énergétiques, alors que le récent sursaut de l’inflation plombait le climat économique.
À la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei grimpait de 5,41 % à 69 593 points, et l’indice élargi Topix de 3,62 % à 4 022 points. À Séoul, l’indice star Kospi flambait de 5,65 % à 8 582 points. La Bourse de Sydney progressait de 1,28 % et celle de Taipei de 2,63 %. L’indice hongkongais Hang Seng montait de 0,37 %.
L’annonce de l’accord "devrait rassurer les marchés […] l’apaisement des craintes liées à la hausse des coûts (sur fond d’inflation énergétique) devrait favoriser les achats sur un large éventail d’actions", ont commenté les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.
La monnaie américaine se stabilisait, après avoir légèrement pâti du regain d’appétit des investisseurs pour les actifs jugés plus risqués. Le billet vert cédait 0,08 % face à la devise japonaise, à 160,11 yens pour un dollar. L’or, de son côté, reprenait des couleurs (+ 2,46 %) à 4 323 dollars l’once.