
"Cette situation est devenue inacceptable." Dans un communiqué diffusé lundi 15 juin, le collectif Sudîles-Betico, soutenu par le syndicat Soenc transports, annonce avoir déposé un préavis de grève pour la période du 26 au 29 juin afin de protester contre le retard pris dans le projet de construction du Betico 3. Ce nouveau navire, dont le coût est estimé à 3,4 milliards de francs, est censé remplacer l’actuel catamaran, mis en service en 2009 et dont l’exploitation constitue désormais un risque régulier de panne et d’interruption du service public maritime.
Or, après plusieurs avancées majeures (sélection du chantier naval, signature d’un précontrat d’études…), le personnel de la compagnie Sudîles constate que le projet est au point mort, "bloqué par l’absence de validation, par le Congrès, du texte relatif à la défiscalisation locale ainsi que la garantie de la Nouvelle-Calédonie pour l’emprunt, objet d’un arrêté du gouvernement du 13 mai 2026 [1]".
Le 10 juin, la commission des finances et du budget du Congrès, chargée d’examiner le projet de délibération approuvant cette garantie de financement, a été annulée, en raison de l’absence d’un nombre suffisant d’élus. Ces validations sont pourtant "indispensables pour permettre la suite du montage financier", alerte le collectif. Une situation qui pourrait entraîner la perte du créneau de construction obtenu auprès de l’entreprise australienne Austal.
"Un nouveau report ferait peser des risques majeurs sur la continuité du service public maritime, sur la desserte des îles, sur nos emplois et sur l’avenir de Sudîles", estime le personnel du Betico. En 2028, l’actuel navire atteindra vingt ans d’exploitation et devra subir une révision "majeure", dont le coût pourrait dépasser "600 millions de francs, avec une immobilisation estimée à environ deux mois", indiquent les salariés. La Sudîles fait travailler une cinquantaine de personnes.
Ils exigent, par conséquent, "l’inscription et l’adoption rapide, par le Congrès, des textes nécessaires à la poursuite du projet avant les élections provinciales". À défaut, ils maintiendront leur préavis de grève. "Nous appelons les élus à prendre leurs responsabilités et à défendre l’intérêt général."