
Pourquoi avoir accepté de conduire la liste UC-FLNKS en province Nord ?
Nous avons suivi le processus de désignation de l’Union calédonienne. Plusieurs candidats étaient proposés par les comités locaux et, au terme des discussions, il a été estimé que j’étais la personne la mieux placée pour fédérer et porter les réformes dont la province Nord a besoin. C’est donc moi qui ai été désigné pour conduire cette liste.
Quel message souhaitez-vous adresser aux électeurs à l’approche du scrutin ?
Notre premier message, c’est que nous voulons nous concentrer sur les compétences provinciales et sur les besoins concrets des administrés. Il faut répondre aux urgences du quotidien.
Le deuxième message, c’est qu’il faut engager des réformes de fond sur le fonctionnement de l’institution. La province doit être davantage en phase avec les enjeux actuels, qu’ils soient économiques, sociaux ou éducatifs. Il faut accélérer le développement du Nord.
Votre liste met en avant plusieurs nouveaux candidats. Pourquoi ce choix ?
Nous avons intégré de nouveaux profils, notamment des jeunes issus du monde associatif ou entrepreneurial. L’objectif est de trouver un équilibre entre des personnes expérimentées, capables de travailler sur les grands dossiers, et une nouvelle génération qui apporte du dynamisme et un regard différent.
Cela fait près de trente ans que l’UNI-Palika dirige la province Nord. Quel bilan tirez-vous de cette période ?
Nous considérons que le bilan est mitigé sur l’objectif qui était au cœur du projet provincial : le rééquilibrage. Des moyens importants ont été mobilisés, mais lorsqu’on regarde notamment la situation de la côte Est, on constate que les objectifs n’ont pas été atteints.
Quels sont les principaux défis auxquels la province Nord est confrontée ?
Le premier défi est économique. Il concerne notamment l’avenir de l’usine du Nord et la diversification économique. Le deuxième défi est sanitaire et social. Nous faisons face à une pénurie de médecins particulièrement marquée en province Nord. Il y a aussi les enjeux liés à l’aménagement du territoire, au changement climatique et à la préservation des ressources naturelles. Nous devons également répondre aux défis de la jeunesse, de la formation et de l’insertion. Enfin, il y a la question de la gouvernance. Les habitants attendent davantage de réactivité de la part de l’administration provinciale.
Quelles seraient vos priorités si vous remportez l’élection ?
La première serait une réorganisation des services, afin d’être plus en phase avec les besoins des administrés et avec les délais de traitement des dossiers.
Ensuite, ce serait de reprendre le dialogue avec l’État et les partenaires, notamment sur le dossier de l’usine du Nord et des aides de l’État. Nous considérons que la province est aujourd’hui bloquée sur ces sujets, et que l’usine du Nord doit pouvoir bénéficier du même accompagnement que les autres usines.
Enfin, la troisième urgence concerne la santé. Il faut faire en sorte que les dispensaires disposent du personnel nécessaire pour assurer correctement le suivi médical de la population.
Pensez-vous que la province Nord devrait jouer un rôle plus important dans la relance économique du pays ?
Elle a un rôle énorme à jouer. Nous pensons que la province doit davantage innover sur le plan économique. Aujourd’hui, il existe encore des principes qui freinent les initiatives des entrepreneurs et qui bloquent en partie le développement économique. Il faut créer un environnement plus favorable aux porteurs de projet.
Le chômage des jeunes est une préoccupation majeure. Que proposez-vous ?
C’est effectivement une priorité. Nous devons créer davantage d’opportunités pour permettre aux jeunes de s’installer durablement, de développer leurs projets et de trouver leur place sur leur territoire.
Une critique récurrente porte sur la concentration du développement autour de la zone de Voh, Koné, Pouembout (VKP). Comment relancer la côte Est ?
La côte Est possède un potentiel considérable, ce n’est plus à démontrer. Pour autant, il faut réorienter les moyens financiers, techniques et juridiques. Il faut aussi mettre en œuvre davantage d’outils d’accompagnement et de médiation, afin d’aider les porteurs de projet à concrétiser leurs initiatives.
Quel regard portez-vous sur la séquence de Bougival ?
Nous considérons que le projet d’accord de Bougival est terminé. Après les élections, il faudra reprendre le dialogue et continuer à rechercher une solution équitable pour tout le monde. Dans les futures discussions, chacun devra pouvoir sortir par le haut.
Les divergences avec l’UNI sur ce sujet rendent-elles impossible un rapprochement ?
Non. Historiquement, l’Union calédonienne et l’UNI ont toujours présenté des listes distinctes en province Nord. Je ne considère donc pas que le divorce est consommé. Chacun porte un projet différent, aussi bien sur les politiques publiques que sur certaines questions institutionnelles.
Justement, en quoi votre projet se distingue-t-il de celui de l’UNI-Palika ?
Nous considérons qu’après vingt-sept années de gouvernance UNI, la situation est figée. Nous avons le sentiment qu’il n’y a plus suffisamment d’initiatives, que ce soit au niveau de l’exécutif provincial, de l’administration ou dans certaines discussions menées à l’échelle du pays.
On ne peut pas rester éternellement dans une situation de blocage ou d’attente. Il faut davantage de dynamisme et de présence dans les discussions pour faire avancer nos revendications.
Vous êtes donc prêts, après les élections, à travailler avec les autres composantes indépendantistes ou avec certaines formations dites "du centre" ?
Oui, nous l’avons déjà fait au cours de la mandature actuelle. Nous sommes ouverts à toutes les personnes de bonne volonté. Nous n’avons pas d’autre choix que de travailler ensemble pour trouver des solutions.
À quoi ressemblerait la province Nord en 2031 si votre projet était mis en œuvre ?
J’aimerais voir une province où les jeunes peuvent s’installer dans de bonnes conditions, trouver un emploi, construire une maison et développer un projet là où ils vivent. J’aimerais aussi voir un territoire plus attractif, qui offre davantage d’opportunités et qui prend soin de ses habitants sur les plans sanitaire et social. Ce serait aussi une province qui donne à chaque jeune des perspectives à travers la scolarité, la formation et l’insertion professionnelle.