
"Notre identité, c’est notre souveraineté." C’est par ce slogan que commence la profession de foi de Nation autochtone, la liste conduite par Omayra Naisseline aux élections provinciales sur les Îles Loyauté. Mais lors de la conférence de presse organisée ce mercredi 17 juin à Nouméa, la tête de liste a mis en avant un sujet bien plus concret, celui de la desserte aérienne et maritime.
"La priorité pour nous, pour cette mandature, c’est de résoudre en urgence la problématique du transport", affirme Omayra Naisseline. Une question "névralgique" pour une province confrontée à sa "double voire triple insularité", et qui conditionne l’accès aux soins, à l’enseignement, à la formation, à l’économie, mais aussi aux échanges coutumiers entre les Îles et la Grande Terre.
La candidate rappelle que des textes sont déjà en attente au Congrès, notamment sur le Betico 3, avec la garantie d’emprunt et la défiscalisation locale. Sur l’aérien, elle évoque le plan de redressement d’Air Calédonie et la nécessité d’une "volonté politique" pour garantir le financement de la compagnie, par exemple à travers une délégation de service public.
Sané Ajapunhya, sixième sur la liste et membre d’Alternative Loyauté, ne décolère pas à ce sujet. "On a l’impression qu’on est en train de nous laisser tout seuls régler ce problème de desserte, alors que c’est de la compétence de la Nouvelle-Calédonie", estime l’ancien cadre administratif, passé par le Sénat coutumier comme chargé d’études juridiques. "On a le sentiment que les populations des Îles sont des citoyens de seconde zone", se désole-t-il, avant d’illustrer son propos par une image : "La Grande Terre, c’est la coque de la pirogue, nous sommes le balancier. Demain, s’il n’y a plus de balancier, la pirogue va chavirer."
Nation autochtone veut aussi faire de cette campagne un point de bascule. "Nous, on veut prendre la province", assume Sane Ajapuhnya. "Si on pouvait avoir la majorité absolue, tant mieux, mais une majorité relative, ça nous suffirait." Pour lui, l'institution a trop longtemps été dirigée par les mêmes forces. "Des choses ont été faites en quarante ans, mais c’est quand même un échec pour nous."
Dans un paysage indépendantiste fractionné aux Loyauté (six listes sur sept sont indépendantistes), Nation autochtone revendique sa ligne nationaliste. "Nous sommes le petit N du FLNKS", affirme Sané Ajapuhnya. Il cite Dynamique autochtone, Alternative Loyauté et le Parti travailliste comme des forces ayant travaillé ensemble à la province, même si aucun accord électoral n’a pu être conclu avec le Parti travailliste pour ce scrutin. L’objectif, selon lui, est de créer un rapport de force dans la mouvance indépendantiste et, si possible, au Congrès.
Omayra Naisseline insiste, de son côté, sur la continuité avec le mandat qui s’achève. Elle cite des amendements qu’elle a défendus sur la continuité territoriale, la taxe croisière, l’économie sociale et solidaire, ou encore la possibilité pour les centres médico-sociaux de recruter des médecins étrangers. Mais elle veut surtout marquer une différence dans la méthode. "La meilleure des politiques publiques, c’est celle qui apporte un changement réel dans la vie des gens", insiste-t-elle.
Sur le plan économique, la candidate estime nécessaire de prévoir rapidement des aides d’urgence pour les entreprises loyaltiennes en difficulté, notamment dans ce contexte de desserte perturbée. Elle évoque des "entreprises qui s’essoufflent" et dit craindre que certaines "disparaissent" si rien n’est fait.
Mais le poteau central de Nation autochtone reste l’identité kanak. Pour Omayra Naisseline, la coutume et les "valeurs chrétiennes" doivent guider l’action politique. "Faire de la politique avec nos valeurs", résume-t-elle, en souhaitant associer davantage les jeunes, les femmes, les forces vives et les autorités coutumières aux grandes décisions de la province.
L’occasion pour Sane Ajapuhnya de convoquer la mémoire de Nidoïsh Naisseline, le grand chef du Guahma, à Maré, pour expliquer ce que renferme le slogan de Nation autochtone en reprenant l’image de l’igname. "Enracinée dans la terre, elle n’a plus peur du vent, de la pluie ni du soleil, au contraire, ces éléments l’aident à pousser."
La liste mènera campagne à la fois sur les Îles et auprès des électeurs loyaltiens installés sur la Grande Terre et notamment dans le Grand Nouméa. Omayra Naisseline appelle aussi les abstentionnistes à se déplacer. "Ne pas aller voter, c’est ne pas faire entendre sa voix."
1. Omayra Meun Naisseline
2. Basile Cici Citre
3. Melia Eidra Qenenoj
4. Thierry Bolo
5. Dora Kameango Waicane
6. André, Sané Ajapuhnya
7. Jeannine Wahea
8. Tom Whejoine
9. Watixené Annie Huliwa
10. Jean-Louis, Buama Sinewami
11. Yvette, Inya Luewadia
12. Paul, Philippe, Pujono Kazône
13. Copane, Maggy Bearune
14. Jean-Michel, Wadewi Washetine
15. Kathy, Julia Sciendi
16. Jacques, Ceni Guaenere
17. Virginie Wallep
18. René Pamani
19. Henriette, Hariatre Gambey
20. Charlie, Medard Aema
21. Marthe Faoutolo
22. Didier Tangopi
23. Marie-Josephine, Haicongene Waiwe
24. Cedrick, Ilan Wahea