
Fermé en 2003, le centre de rétention de Woomera, en Australie méridionale, avait été ouvert dans le désert en 1999. Six mois plus tard, il comptait près de 1500 personnes, pour la plupart originaires d’Irak et d’Afghanistan. Un tiers des détenus étaient des enfants.
Le centre a suscité les condamnations des organisations de défense des droits humains à l’encontre de la politique jugée punitive de l’Australie en matière de demandeurs d’asile, alors que certains détenus se cousaient les lèvres lors de grèves de la faim et tentaient des évasions de masse.
Début juin de cette année, la Haute Cour d’Australie a jugé que le gouvernement ne bénéficiait pas d’une immunité face aux demandes d’indemnisation liées à une rétention jugée illégale. Le cabinet d’avocats Shine Lawyers a indiqué, ce vendredi 19 juin, que le gouvernement australien avait accepté de conclure un accord dans le cadre d’une action collective intentée par 38 anciens détenus qui affirment avoir subi un grave préjudice. *
"Aujourd’hui est un moment important, mais c’est aussi un moment marqué par le deuil. Certains membres du groupe n’ont pas vécu assez longtemps pour voir ce jour, a déclaré Nicholas Kitchin, de Shine Lawyers. Pour de nombreux membres du groupe, l’Australie est désormais leur foyer. Ils y ont construit des vies, des familles et des communautés, tout en continuant de vivre avec les conséquences d’un chapitre extraordinairement éprouvant de leur existence."
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué que l’affaire avait été réglée "conformément aux principes et aux pratiques juridiques".
Après la fermeture de ces camps dans le désert, l’Australie s’est tournée vers le transfert des demandeurs d’asile arrivés par bateau vers des camps situés dans des îles isolées du Pacifique, à Nauru et sur l’île de Manus, pendant l’examen de leurs demandes de statut de réfugié.
L’organisation de défense des droits humains Refugee Action Coalition a par ailleurs exhorté ce vendredi le gouvernement à évacuer médicalement un réfugié kurde iranien de 36 ans envoyé sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en 2013, affirmant que son état de santé mentale et physique s’était fortement détérioré.